Archives de Tag: Les Méandres du sens

Entretien 2 avec Élie-Charles Flamand (Les Méandres du sens)

Suite de l’entretien avec Élie-Charles Flamand.

Lire la première partie de l’entretien en cliquant ici.

Vous avez dit au début de cet entretien que vous vous considériez avant tout comme un poète. Selon Alain Mercier [Élie-Charles Flamand – Essai et choix de poèmes, René Jeanne coll. « Fontaine prodigue », 1987] cette vocation viendrait de votre découverte du Surréalisme…
Élie-Charles Flamand :
Oui ; en fait c’est une histoire un peu complexe… Comme vous le savez je me destinais d’abord à une carrière scientifique. Puis j’ai rencontré le surréalisme en lisant le livre de Maurice Nadeau, Histoire du surréalisme. Je connaissais de la poésie seulement ce que j’en avais appris au cours de mes études secondaires, et le Surréalisme proposait une vision si nouvelle que cela créa en moi un véritable bouleversement… Surtout la poésie d’Éluard – je parle de l’ancien Éluard, pas de celui qui était devenu stalinien et qui, malheureusement, écrivait à la fin de sa vie des choses grotesques, encore qu’il soit revenu à sa première manière dans ses tout derniers poèmes, comme « Le Phénix ». Notez que, si l’on veut y regarder de près, l’étude scientifique de la nature – cette démarche visant à approfondir son savoir quant au grand mystère de la vie et de l’évolution – a quelque chose de très poétique. D’ailleurs les éléments naturels sont très présents dans ma poésie.

Il y a dans Les Méandres du sens des passages passionnants où vous développez des notions théoriques générales à propos de la poésie, témoignant d’un regard extrêmement lucide et avisé sur cet art que vous pratiquez. Pourriez-vous y revenir ?
Bien sûr, mais je voudrais tout de suite souligner que « parler de poésie » recèle une contradiction. Le mystère est le centre même, le cœur de la poésie, et tenter de percer ce mystère revient à la tuer. Beaucoup de poètes s’en sont aperçus – Nerval, par exemple, dit de ses sonnets qu’ils perdraient de leur charme à être expliqués. Venant d’un tout autre horizon, Charles Morgan, lui aussi, disait : Le rôle du poète est de donner son message et non de l’expliquer. Je pourrais également citer la fameuse boutade que Rimbaud a lancée à sa mère qui lui demandait quelle était la signification de ses poèmes : J’ai voulu dire ce que ça dit, littéralement et dans tous les sens. Il y a donc un secret poétique à préserver. Mais malgré tout, il y aura toujours quelque chose à dire de la poésie et les commentaires pourront, dans une certaine mesure, nous aider à la mieux comprendre.

L’on oppose généralement les formes très codifiées, comme le sonnet, à la poésie « libre ». Que vaut cette opposition, selon vous ?
Je pense que cette distinction tient à très peu de choses. Les poètes habitués à s’exprimer au moyen de la prosodie classique étaient tellement imprégnés de ses mécanismes, de ses rythmes, que leur pensée était modelée sur elle – Victor Hugo « pensait en alexandrins »… C’était une sorte de mécanisme qu’ils avaient acquis et toute leur parole passait par des formes fixes. Les poèmes de Nerval, par exemple, sont certes de formes fixes, mais ils demeurent sybillins, on les sent traversés par un souffle, une sorte d’ inspiration directe passée ensuite dans le moule des contraintes formelles – lesquelles d’ailleurs ne brident pas systématiquement le poète ; elles peuvent être pour lui des moyens supplémentaires de « faire sens » et d’accroître le mystère des poèmes. Qu’il soit libre ou de forme codifiée, le poème est un lieu de réconciliation des contraires. La seule opposition qui pourrait valoir, selon moi, serait entre la poésie et la prose : celle-ci est univoque tandis que la langue poétique peut être qualifiée d’équivoque (au sens étymologique du terme). Valery disait que c’est un langage dans le langage. Le poème exprime toujours plus que son propre objet, c’est une œuvre ouverte. Il propose, il provoque, mais il n’impose pas. Valéry, toujours lui, disait aussi :
C’est une erreur contraire à la nature de la poésie, qui lui serait même mortelle, que de prétendre qu’à tout poème correspond un sens véritable, unique, conforme ou identique à quelque pensée de l’auteur.
Il y a en effet multiplicité des sens en poésie – et même si l’on peut toujours déceler une direction dominante, tous les sens perceptibles sont reliés analogiquement. Des lignes de force émergent, qui se recoupent. Pour employer une autre comparaison, les différents sens d’un poème sont comme des cercles concentriques, avec des connotations et des échos qui les unissent. Et tous les plans du monde – humain, cosmique, moral, métaphysique… – finissent par se rejoindre ; par là, on retrouve la notion de symbole, la polyvalence du symbole et sa dynamique, sa puissance de métamorphose et d’harmonie. Le symbole est ce qui active, réveille les forces et les énergies profondément enfouies dans le psychisme humain.

Tout ce que vous venez de développer autour de la poésie et de la polysémie poétique, paraît s’appliquer en tous points à votre conte, Sur les pas de la fille du soleil
Oui, sans doute….C’est un texte à structure linéaire, où j’ai cherché à raconter une suite d’événements précis, tout en accompagnant la narration de commentaires poétiques se référant à l’action mais qui l’interprètent de façon onirique, irrationnelle. Disons que c’est de la « prose poétique »…

On retrouve dans ce récit tous vos centres d’intérêt : le monde minéral, la géologie avec cette « immersion en sous-sol », la peinture, les curiosités de la nature… D’ailleurs le texte en lui-même pourrait se comparer à un « cabinet de curiosités », analogue à celui que traverse René Sol – héros au nom hautement signifiant…
En ce qui concerne mes centres d’intérêt, vous avez sans doute raison, mais je n’ai pas fait apparaître ces éléments de façon délibérée et consciente – surtout, je n’ai pas vraiment analysé mon texte a posteriori. Quant au nom de mon personnage principal, il est bien évidemment symbolique, et son prénom aussi, qui contient l’idée de renaissance. Et j’ai encore renforcé cette symbolique en lui attribuant une devise : Solus per solum ad solem. Ce qui peut se traduire ainsi : seul, par l’intérieur de la terre vers le soleil.

Vous avez eu la gentillesse de me donner quelques-uns de vos recueils et, dans ceux-là, vos poèmes sont tous en vers libres, sans ponctuation. Avez-vous toujours composé de la sorte ?
Oui, j’ai toujours écrit de la même manière – mais il doit forcément y avoir une évolution, même si je ne m’en rends pas vraiment pas compte moi-même, parce que toute vie est évolutive. Les diverses expériences de l’existence ont nourri mon œuvre, c’est certain. Quant à dire ce qui s’est passé, comment et quand cela s’est passé, ce n’est pas à moi de le dire. En tout cas, je n’ai jamais composé de poèmes de forme fixe. Pour la ponctuation, je suis une tradition qui remonte à Mallarmé. Je pense que la respiration est donnée par la coupure du vers. Comme il s’agit de forme libre, on peut enchaîner des vers de longueurs diverses, faire varier le rythme, et la ponctuation devient inutile.

Vous ne vous appuyez donc sur aucun repère formel – nombre de pieds, de vers, de strophes, nature des rimes… Qu’est-ce donc qui vous « tient », vous dit « là c’est le début » et « là c’est la fin » ?
C’est l’instinct ! ça me paraît aller de soi. Voilà que l’on retrouve le débat sur la part de l’inspiration et du travail… Je dirais que l’essentiel du poème – son contenu, son thème, voire sa structure – m’est donné « comme ça », sans que je sache exactement pourquoi. Ensuite je retravaille ce matériau. Je n’obéis pas à des règles de composition précises, seulement à ce qui est de l’ordre de la nécessité intérieure. Ainsi m’arrive-t-il souvent d’intervertir des strophes lorsque je me relis, parce qu’en voyant l’ensemble du poème terminé, il me semble qu’une autre place convient mieux. Ce que j’écris m’est dicté par des forces très profondes. Je distinguerai ici entre l’inconscient, qui est la part obscure, ténébreuse de l’être, et le supraconscient, qui est la zone en relation avec les forces cosmiques. Et je pense que c’est surtout dans cette sphère-là que le poète puise.

Le choix des titres – poèmes ou recueils – participe-t-il de l’inspiration ou du travail ?
C’est un mélange des deux, et le choix des titres me pose souvent problème. Soit le titre paraîtra un peu lointain au premier abord, par rapport au poème lui-même, soit au contraire il sera très proche. Il peut aussi contenir un élément de surprise. Pour les recueils, c’est un peu pareil. Je tâche, par les titres, de synthétiser, de donner une idée générale de ce que contient le recueil – mais la difficulté de choisir un titre vient de ce que c’est à peu près toujours la même idée directrice qui sous-tend les textes… Disons que chaque recueil développe une nouvelle facette de cette idée permanente, la même recherche envisagée sous un autre angle.

Quand vous écrivez, est-ce que vous vous situez d’emblée dans la perspective de l’élaboration d’un recueil, ou bien construisez-vous le recueil une fois seulement que vous êtes en présence d’un certain nombre de poèmes ?
Je serais tenté de dire que cela se construit tout seul. Au fur et à mesure que j’écris mes poèmes, je m’aperçois qu’il y a une sorte de fil directeur qui peut me guider et en effet, j’ai voulu donner une cohérence à chacun de mes recueils. Mais ça s’impose un peu de soi-même. Et quand je travaille les textes, que je les modifie, il m’arrive d’accentuer certains points pour que cette cohérence soit plus apparente. C’est un processus assez mystérieux qui n’est pas facile à décrire.

Dans l’un des recueils que vous m’avez donnés figurent des collages que vous avez réalisés. Pratiquez-vous encore cette activité ?
Vous savez, tous les poètes ont plus ou moins produit des œuvres graphiques, quels qu’en soient les procédés. Baudelaire dessinait magnifiquement, Hugo… Hugo, n’en parlons pas ! C’est LE génie ! et quand bien même il n’aurait produit que ses dessins, cela aurait suffit à le faire passer à la postérité ! Mais sans atteindre ces sommets, il est très fréquent qu’un poète dessine, ou peigne, ou photographie sans que cette activité occupe davantage qu’une place secondaire dans sa création. J’ai en effet pratiqué le collage – comme presque tous les Surréalistes, du reste… – mais plutôt comme un délassement ; cela n’a jamais représenté quelque chose d’essentiel pour moi. Je me suis également un peu amusé avec des taches d’encre, dont j’arrivais à rendre certaines parties non symétriques, pour réaliser des « planches d’histoire surnaturelle » : j’obtenais ainsi des silhouettes d’êtres bizarres… mais il est difficile d’en parler, il faudrait les voir…

—–

Cela m’amène à évoquer la question de l’illustration. Associez-vous systématiquement des images à vos recueils poétiques ?
Non, certains de mes recueils ne comportent aucune illustration. Mais ceux-là sont rares. D’abord parce que j’aime beaucoup y adjoindre des œuvres graphiques. Et que le travail de certains peintres se trouve un peu parallèle au mien. Et aussi parce que c’est une tradition surréaliste que de faire illustrer ses poèmes. Enfin… « illustrer » n’est pas le terme qui convient : les images et les textes sont en rapport d’analogie, ce n’est pas de l’illustration au sens propre… les deux créations s’enrichissent réciproquement. Mais pour que ce rapport texte / image s’établisse au mieux, il faut que le poète et l’auteur des images soient véritablement en « union d’inspiration ».

Les illustrations, quand il y en a, viennent-elles s’intégrer une fois l’écriture terminée ou bien écrivez-vous à partir des images ?
Il m’est arrivé en effet d’écrire à partir de peintures, d’œuvres d’art anciennes ou modernes. Mais en général, ce sont les textes qui servent de point de départ – et dans ce cas-là, je laisse à l’artiste une entière liberté de création. Cependant, lui et moi nous nous concertons parfois pour choisir, parmi ses œuvres, celles qui vont accompagner les poèmes.

Quand vous voyez côte à côte les images et les textes, cela vous amène-t-il à réécrire ces derniers ?
Non, pas vraiment.

Vous arrive-t-il d’écrire « d’après nature », directement en réponse aux émotions qu’auront pu produire en vous tel ou tel endroit ?
Je pense que parfois, le « génie du lieu » m’inspire, mais en tout cas les poèmes qui en résultent ne sont jamais descriptifs. À cet égard, Distance incitative est un cas un peu particulier… Nombre de poèmes ont été écrits à Varengeville, en Normandie – un lieu que Breton m’a fait connaître – où nous allons souvent, Obéline et moi car, depuis quelques années, ma santé ne me permet plus guère d’aller dans le Forez. Mais ils n’ont pas été inspirés directement par l’endroit. Les photos qui figurent dans le recueil, prises par Obéline et qui toutes représentent les falaises, la grève et la mer à Varengeville, s’y trouvent parce que je jugeais qu’elles convenaient bien aux textes et qu’elles instauraient une ambiance générale en harmonie avec les poèmes.

Ce retour sur vous-même qu’ont représenté le séjour en Forez évoqué dans Les Méandres du sens puis la rédaction de ce livre a-t-il changé quelque chose dans votre poésie ?
Non, je ne pense pas… Ce dont je suis sûr, c’est que ce « retour sur moi-même » a été déterminant sur un plan intérieur. Des choses importantes se sont certainement produites à un niveau supraconscient – mais, justement, cela est difficilement analysable rationnellement et, de fait, je ne puis pas dire objectivement que ma poésie s’est trouvée modifiée depuis. Mais dès lors que des changements intérieurs ont lieu, il en résulte forcément une incidence sur la création – même s’il est bien difficile de s’en rendre compte.

À quoi travaillez-vous actuellement ?
Un nouveau recueil doit paraître bientôt, intitulé Lorsque l’envers se déploie. Je suis également en train de réunir un certain nombre d’articles que j’ai publiés ici et là au long de mon « existence littéraire » si je peux m’exprimer ainsi… Je souhaiterais rassembler tout cela en un volume qui donnerait ainsi une idée de ce qu’a pu être ma recherche sur les plans littéraire, poétique, ésotérique, esthétique… sans oublier les sciences naturelles. Mais ce ne sera pas un très gros livre, car je n’y mettrai pas tous les articles directement liés à une actualité aujourd’hui périmée. Le titre en sera Propos mosaïqué – au singulier, parce qu’en difinitive, c’est la même ligne de pensée qui se poursuit sous des formes différentes. Mais je n’ai pas encore trouvé d’éditeur pour ce livre. Je le prépare d’abord, et on verra ensuite pour la publication ! S’il fallait attendre d’avoir un éditeur pour écrire, on n’écrirait pas beaucoup !

 

Bibliographie d’Élie-Charles Flamand

POÉSIE

À un oiseau de houille perché sur la plus haute branche du feu (illustrations de Toyen), Henneuse, 1957
Amphisbène (livre-objet réalisé avec Paul-Armand Gette), Eter, 1966
La Lune feuillée (préface d’André Pieyre de Mandiargues), Pierre Belfond, 1968
La Voie des mots (préface d’Edmond Humeau – illustrations de Louise Janin), Le Point d’être, 1974
Vrai centre (illustrations d’Obéline Flamand), Evohé, 1977
Jouvence d’un soleil terminal, Arcam, 1979
Attiser la rose cruciale précédé de La Quête du Verbe, Le Point d’or, 1982
L’attentive lumière est dans la crypte (illustrations de Gaetano di Martino), Le Point d’or, 1984
Transparences de l’Unique (illustrations de Chu Teh-Chun), Le Point d’or, 1988
Ce qui s’ouvre à la pierre du matin (illustrations d’Obéline Flamand), éditions du Soleil Natal, 1991
L’immuable et l’envol (illustré d’une photo par l’auteur et de quatre emblèmes du XVIIe siècle), éditions du Soleil Natal, 1993
Les Chemins embellis suivi de Shambhala et les deux saint Michel, La Lucarne Ovale, 1995
Au vif de l’abîme cristallin (illustré d’un collage de l’auteur et de dessins de Paul-Armand Gette), Tarabuste, 1997
Les Temps fusionnent (illustré de 12 reproductions d’œuvres diverses), La Lucarne Ovale, 1998
Pacte avec la source (illustré de 7 collages de l’auteur), La Lucarne Ovale, 2000
Vers l’or de nuit (illustré de 6 reproductions diverses), La Lucarne Ovale, 2002
Sur les pas de la fille du soleil (illustrations d’Obéline Flamand), La Lucarne Ovale, 2002
Distance incitative (photographies d’Obéline Flamand), La Lucarne Ovale, 2005
Lorsque l’envers se déploie (illustré d’un collage de l’auteur), sous presse aux éditions La Mezzanine dans l’Éther

 

ESSAIS
La Renaissance I – La peinture en Italie au XVe siècle (Préface de Jean-Clarence Lambert), tome IX de L’Histoire Générale de la peinture, éditions Rencontre, 1966
La Renaissance II – La peinture en Italie au XVIe siècle (Préface de Robert Lebel), tome X de L’Histoire Générale de la peinture, éditions Rencontre, 1966
La Renaisance III – La peinture en France, en Allemagne, en Suisse et dans les Flandres au XVe siècle (Préface d’André Pieyre de Mandiargues), tome XI de L’Histoire Générale de la peinture, éditions Rencontre, 1966
Le Peintre Eugen Gabritchevsky (en allemand), éditions Bayer, 1966
Érotique de l’alchimie (Préface d’Eugène Canseliet), éditions Pierre Belfond, 1970. Réédité par Le Courrier du Livre en 1989
La Tour Saint-Jacques, Lettera Amorosa, 1973. Réédité par La Table d’Emeraude en 1991
Nicolas Flamel, sa vie, ses œuvres, éditions Pierre Belfond, 1973. Réédité par Le Courrier du Livre en 1989
Les Peintres musicalistes, Hexagramme, 1973
Le Peintre Louise Janin, Hexagramme, 1974
Les Pierres magiques, Le Courrier du Livre, 1981
Catalogue de l’exposition « Arthur Rimbaud », musée Ivan Tourgueniev de Bougival, 1991. Repris dans Arthur Rimbaud, Images et imaginaire, Galerie 1900-2000, 1993
Les Méandres du sens – Séjour en Forez, retour sur moi-même, Dervy, 2004

 

À CONSULTER :
Alain Mercier, Élie-Charles Flamand – Essai et choix de poèmes, éditions René Jeanne, 1987
Alain et Odette Virmaux, Les grandes figures du Surréalisme, Bordas, 1994
Marc Kober, « Dans le verger de la salamandre (Élie-Charles Flamand) » in La Sœur de l’ange n° 3, printemps 2005

Lire ici l’article consacré à la poésie d’Élie-Charles Flamand.

   
 

Ce long entretien, mené par isabelle roche,  est le fruit de deux rencontres assez espacées dans le temps – en novembre 2005 puis en février 2006 – suivies d’un patient travail de révision accompli par le poète…

 
     
Publicités

Commentaires fermés sur Entretien 2 avec Élie-Charles Flamand (Les Méandres du sens)

Classé dans Entretiens, Poésie

Entretien 1 avec Élie-Charles Flamand (Les Méandres du sens)

Sur les pas d’un poète nourri du lait surréaliste mais qui a su trouver sa propre voie créatrice – en partie au fond de l’athanor…

Élie-Charles Flamand est un poète inquiet – mais y a-t-il un écrivain qui ne le soit pas ? Aussi me dit-il très vite, lorsque je lui demandai s’il serait d’accord pour être interviewé, qu’il n’était pas un homme de l’oral et que la perspective de devoir s’exprimer sans le secours d’une longue préparation préalable l’angoissait quelque peu. Je l’assurai aussitôt qu’il n’était pas question de publier tels quels l’intégralité des propos qu’il pourrait tenir : tout allait être transcrit, rédigé sous une forme plus « écrite », et rien ne serait mis en ligne sans avoir été validé par lui.
Mais son anxiété persistait.
« Je ne suis pas un orateur né, vous savez… je ne suis pas comme ces auteurs, que j’admire beaucoup, qui parlent à la radio ou à la télé aussi aisément qu’ils écrivent… » Il demanda donc à son ami Jean-David Jumeau-Lafond de bien vouloir assister à l’entretien et nous nous retrouvâmes donc au domicile du poète et de son épouse Obéline un soir de novembre.

Une fois que nous fûmes tous quatre réunis autour d’une collation servie par Obéline, cernés par d’innombrables livres de tous genres, une foultitude de spécimens de minéraux, de statuettes, et une impressionnante collection de toiles dressées serrées contre l’un des murs – l’Art, le Savoir, la Nature : une trinité fondamentale – la conversation commença, chaleureuse, sans le moindre des embarras que craignait le poète, centrée essentiellement sur son livre Les Méandres du sens. Entre mes questions fusait tantôt une remarque de Jean-David Jumeau-Lafond tantôt un souvenir drôle ou émouvant évoqué par Obéline. Puis l’échange se diversifia : nous en vînmes à parler d’art, d’esthétique – Obéline, artiste peintre, nous montra ses toiles et parla de sa façon de travailler…
L’atmosphère se détendit tant et si bien que je m’enhardis à proposer au poète de revenir le voir un peu plus tard pour aborder de façon plus spécifique sa poésie. Il accepta avec joie – et, quelques mois plus tard, avait lieu le second entretien.

Je tiens à dire ici combien j’ai été touchée par l’accueil que m’a réservé le couple Flamand. Obéline et Élie-Charles, liés par une profonde affection – il suffit de les voir côte à côte pour mesurer leur attachement réciproque – arpentent de conserve la même voie de vie, pavée de spiritualité et de dévotion à l’Art. Aussi est-il logique qu’ils partagent souvent un même espace artistique, la poésie d’Élie-Charles s’accompagnant des images – peintes, dessinées ou photographiées – d’Obéline…

Au printemps 1987, vous avez séjourné en Forez avec votrre épouse Obéline puis, à la suite de ce séjour, vous avez écrit Les Méandres du sens. Qu’est-ce qui vous a conduit à écrire ce livre ? Le séjour en lui-même ?
Élie-Charles Flamand :
Ce sont, plus exactement, les différents événements qui se sont produits au cours de ce séjour qui m’ont incité à écrire à leur sujet – mais je n’avais pas au départ l’intention de faire un livre ; le projet s’est imposé à partir de la tournure très particulière qu’a pris la succession de certains faits – le premier de ceux-ci, et le plus marquant, fut ma visite du château de la Bastie d’Urfé. J’ai compris tout de suite qu’il s’agissait d’une demeure philosophale, mais il a fallu que d’autres signes suivent cette révélation pour que je songe à écrire Les Méandres du sens.

Ce séjour a eu lieu en 1987, mais le livre n’est paru qu’en 2004. Pourquoi un tel intervalle de temps ?
Pour plusieurs raisons – la principale étant que la rédaction elle-même s’est étalée sur une période assez longue : je ne m’y suis pas consacré de manière continue et, outre les moments d’interruption, je suis revenu à plusieurs reprises sur le texte. Ensuite, il a fallu batailler ferme pour trouver un éditeur… Vous imaginez sans peine qu’un livre comme Les Méandres du sens n’est pas facile à placer ! Heureusement je connaissais Bernard Renaud de la Faverie, directeur éditorial chez Dervy. Passionné par l’alchimie, il avait été proche d’Eugène Canseliet et, de ce fait, mon texte l’a intéressé, et il a accepté de le publier. Mais Dervy livres dépend d’Albin Michel – c’est d’ailleurs avec le directeur d’Albin Michel, M. Francis Esmenard, que j’ai signé mon contrat – et bien que mon ami Bernard ait fait tout son possible pour aller vite, cela a retardé quelque peu la publication. De difficultés en retards successifs, les années ont passé et c’est pourquoi le livre n’est paru qu’en 2004. 

Comment avez-vous travaillé ? Avez-vous commencé dès votre retour du Forez à ordonner des notes que vous auriez prises ?
Il m’est assez difficile de dire a posteriori comment les choses se sont déroulées… Grosso modo, j’ai procédé de manière très classique, en retravaillant les nombreuses notes que j’avais prises pendant mon séjour. Je voulais rester précis, me tenir au plus près de la réalité de ce que j’avais vécu et ressenti, mais sans pour autant rédiger un compte rendu scientifique… Il a donc fallu réorganiser mes notes de façon à construire un vrai récit au sens littéraire du terme, notamment en les synthétisant – par exemple, lorsque je me suis rendu pour la première fois à la Bastie d’Urfé, j’ai vu un ensemble de détails qui m’ont bouleversé, mais sans les percevoir d’emblée de façon très nette ; l’ornementation est extrêmement riche et j’ai dû revenir au château pour approfondir ces perceptions sommaires. Dans le livre, cette somme d’expériences – toutes rigoureusement authentiques, je tiens à le souligner – est ramenée à une seule visite. Disons que je me suis octroyé certaines licences littéraires, mais uniquement sur le plan formel : j’ai vraiment vécu tout ce que je relate, y compris ces moments où je me suis senti comme projeté hors du temps présent…

Lorsque vous évoquez vos expériences de voyages temporels, ou que vous relatez la survenue de « présences », cela devient quasi romanesque – l’on sent un souci de ménager des effets d’attente, une certaine tension dans l’enchaînement des faits… Cela suppose en effet un véritable travail littéraire. N’est-il pas antinomique avec votre aspiration à l’exactitude ?
Vous savez, tout est paradoxal ! En fait, c’est simplement une question de formulation. Les choses sont d’abord ressenties ; ensuite il s’agit de les exprimer – et c’est justement là le travail de l’écrivain. Au premier degré, les choses sont alors perçues, au second, elles sont « mises en mots ». Et puis je sais bien qu’une partie de ce que j’écris échappe à ma conscience… Cela jaillit, impérativement, sans que je cherche d’où cela vient. Et c’est souvent à travers les comptes rendus des critiques, ou les remarques de certains lecteurs, que je découvre des choses auxquelles je n’avais pas du tout pensé en les écrivant – ni même en me relisant.
Par exemple, dans Les Méandres du sens, vous avez remarqué que je désigne ma femme sous le nom de O. ; mon ami Jean-David Jumeau-Lafond a fait la même observation, et d’autres lecteurs m’ont aussi demandé, alors que le texte n’était encore qu’à l’état de manuscrit, pourquoi je n’écrivais pas « Obéline » en entier… J’étais bien incapable de répondre ! Je me suis accroché à ce « O. » sans savoir pourquoi… Je jugeais simplement que c’était un peu mystérieux, et que cela convenait très bien au contexte. Et voici que Jean-David, dans une lettre à propos du livre, me parle d’ O., dont la perfection circulaire vous entoure et vous protège. Il n’y avait donc là rien de gratuit, l’injonction intérieure ne m’avait pas trompé !

Les Méandres du sens ne comporte aucun chapitre ; c’est vous qui avez décidé de cette construction tout d’un bloc ou bien est-ce un choix de votre éditeur ?
C’est mon choix personnel. Beaucoup de gens m’ont conseillé de changer cela mais j’ai persisté dans ce choix, avec d’autant plus de détermination que ce qui m’avait été suggéré aboutissait à une construction plus banale, plus ordinaire. Reste que cet aspect un peu monolithique a déconcerté un certain nombre de personnes. Notamment Pierre Belfond, qui a été mon premier éditeur. Nous nous étions un peu brouillés par le passé mais notre relation a repris un tour amical ; bien qu’il ait quitté la profession, nous correspondons toujours, et je lui avais adressé le manuscrit des Méandres du sens. Il a abordé le texte comme une simple compilation de souvenirs et selon lui ce n’était pas présenté de façon pertinente. Je lui ai expliqué qu’il ne s’agissait pas essentiellement d’un livre de souvenirs et il a alors convenu que la présentation était bien choisie. J’ai simplement obéi au cours des choses, j’ai « laissé venir »… Le journaliste qui a parlé de mon livre dans Histoires littéraires a rapproché sa construction de celle d’un roman de Michel Butor, Portrait de l’artiste en jeune singe – ce qui n’a pas laissé de m’étonner car je n’ai jamais lu ce livre. Mais comme je vous le disais, les propos des critiques apprennent souvent des choses aux auteurs eux-mêmes…

—–

Vous n’avez jamais été tenté par la fiction romanesque,
la nouvelle ?
La fiction n’est pas du tout mon mode d’expression. J’ai écrit des essais – sur la peinture, l’alchimie, les pierres « magiques »… – mais la poésie reste la part capitale de ma création, de ma vie. Je me considère avant tout comme un poète. Cela ne m’a pas empêché d’écrire, il y a longtemps maintenant, une espèce de conte symbolique intitulé Sur les pas de la fille du soleil. Quand l’idée de ce texte m’est venue, j’étais à Saint-Cirq Lapopie avec Breton ; il m’a encouragé à le travailler, et j’en ai terminé la rédaction une fois de retour à Paris. Plus tard, j’ai à nouveau tenté d’écrire un texte de la même veine, mais je n’ai pu l’achever… ça ne « venait pas », comme l’on dit. Cette tentative narrative a refait surface tout récemment. En cherchant d’anciens articles pour les réunir dans un livre à venir, j’ai retrouvé ce début de conte… J’ai eu envie de l’adjoindre à ces articles – en le remaniant quelque peu, mais en le laissant inachevé et en proposant aux lecteurs d’écrire eux-mêmes la fin, telle qu’ils la souhaitent. C’est une manière de clin d’oeil surréaliste… Et ce commencement ainsi remanié a été publié dans le numéro 3 de Supérieur inconnu, assorti d’une invitation au lecteur.
[Élie-Charles Flamand lit le passage suivant] :
Pourtant, l’inspiration, il m’en souvient, ne me faisait pas défaut et j’allais le continuer mais j’ai senti soudain que le déroulement de l’action risquait de me conduire vers quelque recoin, quelque zone d’ombre que je ne souhaitais pas explorer. Car j’avais conscience de n’être pas encore suffisamment armé pour affronter et déjouer ce qui pourrait s’y tramer. C’est maintenant à toi lecteur si tu veux bien jouer ce jeu de renouer le fil et de conduire à ta guise cette hsitoire.

Vous avez compté parmi les disciples de Breton, que vous avez d’ailleurs intimement côtoyé… mais vous avez été exclu du mouvement. Est-ce que cela a mis un terme à votre intérêt pour le Surréalisme et ses adeptes ?
Non, je n’ai pas cessé de m’y intéresser ; mais je pense que la disparition de Breton a sonné le glas du mouvement. Aujourd’hui, le suréalisme semble un peu dépassé. Il y a pourtant quelques passionnés qui entretiennent la flamme – notamment les gens qui s’occupent de la revue Supérieur inconnu, qui continue dans cette voie mais de manière un peu plus élargie.

On entrevoit, en lisant Les Méandres du sens, tout ce qui a une importance capitale pour vous et votre démarche créatrice. Est-ce qu’aujourd’hui, la géologie, l’alchimie, ont encore la même place dans votre vie qu’à l’époque de ce séjour en Forez ?
Oui, bien sûr… Comme vous le voyez [le poète montre sa collection de minéraux, dispersée çà et là sur les étagères, dans les moindres espaces libres de la pièce…] la géologie est toujours présente, peut-être de manière moins intense que lorsque j’ai commencé mes études scientifiques, mais me consacrer à la poésie n’a jamais signifié pour moi couper les ponts avec les sciences naturelles. Et maintenant, chaque fois que je pars en vacances – ce qui est plutôt, comme dirait Colette, un changement de lieu de travail… – j’observe les oiseaux, j’herborise, j’étudie la géologie du lieu, je continue à collectionner les spécimens de minéraux… etc. D’ailleurs, le monde minéral est omniprésent dans ma poésie. Quant à l’alchimie, mon intérêt pour elle s’inscrit dans la continuité de celui porté au monde minéral puisque l’alchimie repose essentiellement sur lui. Mais l’aspect matériel de l’alchimie ne se distingue en rien de sa dimension spirituelle. Pratiquer l’alchime, c’est chercher le divin dans la matière. L’essence du processus alchimique est d’entraîner des mutations spirituelles en même temps que s’accomplissent les opérations matérielles. La pratique alchimique pose d’importants problèmes pratiques et je n’ai, hélas ! pas pu m’y adonner autant que je l’aurais souhaité : lire les textes classiques et effectuer des recherches théoriques ne suffit pas, il faut pouvoir travailler au laboratoire car le contact avec la matière est primordial. Or beaucoup de place est nécessaire pour aménager un laboratoire – et en ville, ce n’est guère possible. Malgré tout, je n’ai pas renoncé à m’instruire en alchimie. J’ai une bibliothèque très bien fournie sur le sujet, et un de mes amis possède un laboratoire. J’espère pouvoir profiter bientôt de ses installations et de nouveau « travailler au fourneau », selon l’expression consacrée. En attendant, les connaissances que j’acquiers continuent de « faire leur chemin » en moi. Il y a des choses qui jaillissent, des idées.. des flashes…

Est-ce que l’alchimie est une discipline encore très vivace, aujourd’hui ? 
C’est assez difficile à dire parce que l’alchimie est une quête initiatique personnelle, d’un caractère très secret. Il y a toujours des alchimistes ; il y en a toujours eu, et il y en aura probablement toujours. Mais ils ne se font pas forcément connaître. Ils travaillent dans leur coin… Il y a cependant quelques maîtres qui émergent çà et là – le dernier en date étant ce mystérieux Fulcanelli, l’adepte dont mon maître, Eugène Canseliet, avait été l’élève. Par moments des gens publient des livres – mais des livres au contenu si abscons qu’il sera incompréhensible à quiconque ne possède pas de sérieuses notions d’alchimie. Si ces ouvrages ne sont pas destinés au grand public, ils ont au moins le mérite d’exister. Peut-être réveilleront-ils des vocations cachées…
 
Est-ce qu’écrire de la poésie est pour vous un moyen de cheminer vers le Grand-Oeuvre ?
Ce serait bien ambitieux ! On peut cependant risquer la transposition, dire que la poésie est une sorte d’alchimie et que, si on la pratique de façon très spirituelle, très profonde, elle peut permettre de progresser intérieurement et devenir initiatique. Oui, je suis intimement convaincu que la poésie est une quête de la Parole perdue pour arriver à la parole illuminatrice. C’est une forme d’initiation que l’on recherche, dans le cadre d’un travail sur soi – et là en effet la poésie rejoint l’alchimie sauf qu’on ne travaille plus sur la même matière, le poète œuvrant sur cette matière qu’est le verbe pour essayer de se surpasser et aller vers la Lumière.

Dans Les Méandres du sens, vous parlez beaucoup du jazz. C’est une musique qui semble revêtue d’une grande importance pour vous…
Oui. Le jazz est d’une importance capitale pour moi. J’ai commencé à m’y intéresser très jeune, en écoutant la radio. Puis je me suis inscrit au Hot club de Lyon. Cela m’a permis de rencontrer les musiciens américains quand ils venaient jouer en France, et le contact avec des artistes noirs américains m’a beaucoup apporté. Au-delà de leur musique, sur le plan humain ce sont des gens fascinants, très chaleureux. Cela va sans doute vous étonner mais c’est la première fois, dans Les Méandres du sens, que j’écris sur le jazz… Je n’avais jamais rien publié auparavant sur ce sujet – sinon quelques poèmes inspirés par cette musique.

Vous en écoutez en écrivant ?
Oh, je n’en écoute pas partuiculièrement en écrivant – d’autant que faire deux choses à la fois ne m’a jamais séduit ! Ou j’écoute vraiment, ou je me concentre sur mon écriture. La musique peut parfois servir de toile de fond, créer une ambiance mais justement, le jazz n’est pas une « musique d’ameublement », comme disait Erik Satie…

Est-ce que l’écoute d’un morceau de musique peut suffire à susciter la création poétique ?
Pas vraiment, c’est difficile à dire… peut-être quelquefois cela s’est-il produit, mais ce n’est pas systématique. Je pense que beaucoup de choses opèrent au niveau supraconscient ; ensuite cela vient nourrir l’inspiration – mais pas forcément dans l’immédiat ; je suppose qu’il y a tout un processus de synthétisation, de maturation qui s’engage au plus profond de mon esprit avant que l’influence se manifeste dans mon écriture. 

Vous vous dites peu sûr de vous ; je suppose que cela doit conditionner votre façon d’écrire… Revenez-vous souvent sur vos écrits, les corrigez-vous beaucoup ?
Oui, effectivement, je reviens beaucoup sur mes textes ; ce n’est pas une attitude très surréaliste – encore qu’il faille noter que Breton revoyait ses textes, même ceux qui étaient censés relever de l’écriture automatique… – mais mes poèmes ne sont pas de l’écriture automatique. Il y a certes toujours une part qui relève d’une certaine manière de ce procédé et qui jaillit des profondeurs de ma psyché, mais ce matériau de base est repris, corrigé, remanié… Quand je compose mes poèmes, il y a d’abord un « premier jet » puis une phase de reprise. Je suis très perfectionniste, et il y a aussi chez moi un fond d’anxiété. Chaque fois que je me relis, je trouve des défauts, relire est donc une épreuve considérable – alors je l’évite le plus possible ! Mais remanier ne veut pas dire réécrire, je ne suis pas comme certains poètes qui modifient leurs poèmes vingt ans après. En ce qui me concerne, je ne retouche jamais mes anciens poèmes, seulement mes textes en prose, pour les réactualiser parce qu’ils ont d’abord été publiés en revue.

Pour lire la seconde partie de l’entretien, cliquez ici

   
 

Ce long entretien, mené par isabelle roche,  est le fruit de deux rencontres assez espacées dans le temps – en novembre 2005 puis en février 2006 – suivies d’un patient travail de révision accompli par le poète…

Commentaires fermés sur Entretien 1 avec Élie-Charles Flamand (Les Méandres du sens)

Classé dans Entretiens, Poésie