Entretien avec Xavier Dandoy de Casabianca (éditions éoliennes)

Avec Xavier Dandoy de Casabianca, découvrez des livres mus par le vent et qui ont une âme…

Lorsqu’au hasard d’une allée, au dernier Marché de la Poésie, Pierre Bonnasse m’offrit un exemplaire de son recueil Happy Hooker’s Hand, il insista beaucoup sur la qualité du travail de son éditeur, Xavier Dandoy de Casabianca  : « Sa démarche a été artistique de bout en bout », me dit-il. Curiosité attisée…et conversation engagée dès que Xavier me fut présenté, quelques minutes plus tard. Je découvrais ainsi les éditions éoliennes, qui me parurent un curieux objet éditorial exigeant que l’on s’y intérressât de beaucoup plus près. Deux mois passèrent, puis Xavier Dandoy de Casabianca me reçut pour une interview en bonne et due forme. La rencontre eut lieu chez lui – là où se tiennent serrées comme dans un pan de tissu noué aux quatre coins ses activités d’éditeur, de peintre, de dessinateur, de maquettiste, d’écrivain… et sa vie quotidienne. Des bols de thé mis à égoutter aux pots remplis de pinceaux et de crayons, de l’équipement informatique à la table de dessin, des fanions et bannières bouddhistes qui n’excluent pas une forte présence chrétienne aux livres rangés et empilés dans tous les recoins, sans oublier les esquisses, croquis et œuvres achevées accrochés un peu partout sur les murs, confluent en ce petit espace créativité, quête spirituelle, petites choses de tous les jours – vie et œuvre liées, indissolublement mêlées… l’une devenant l’autre et vice versa. 

En digne légataire d’Éole, mais d’un Éole qui ne commanderait qu’aux vents féconds, Xavier Dandoy de Casabianca propage à travers ses textes, ses peintures, et les livres qu’il édite un fort esprit poétique et artistique. Il a l’âme messagère jusqu’au bout du don, et je quittai cet éditeur atypique avec, entre les mains, Le Mont Analogue, de René Daumal – un livre dont il venait de me dire l’importance qu’il avait pour lui et qu’il se plaît à faire découvrir. Je le lus aussitôt ; je ne suis pas sûre d’avoir saisi à sa juste beauté la profondeur de ce texte mais du moins ai-je l’impression d’avoir compris ce qu’il pouvait avoir d’évidemment bouleversant pour certains de ses lecteurs. Puisse l’éolien XDDC continuer ainsi à faire œuvre venteuse, au sens le plus efflorescent de l’expression…

Tu as étudié aux Arts Déco, tu peins, dessines, pratiques la photo – et tu exposes régulièrement tes œuvres – mais tu es aussi éditeur. Quel a été le déclic qui t’a orienté vers l’édition ?
Xavier Dandoy de Casabianca :
Tant que j’étais aux Arts Déco j’ai souhaité apprendre les nouvelles technologies – la vidéo, les images de synthèse, les débuts d’internet et du CD Rom – mais j’ai pensé que le médium n’était pas mûr – ou que je n’étais pas mûr pour le médium. De plus, j’avais aussi besoin de passer par une phase de maturation avant d’écrire, dessiner ou peindre moi-même. Je me suis donc recentré sur l’édition. Cette envie de faire des livres repose sur trois faits qui, pour moi, ont été déterminants. D’abord ma rencontre avec René Daumal et Le Mont Analogue. Sans cela, les éditions éoliennes n’auraient sans doute jamais vu le jour ; j’ai traversé une période très difficile dans ma vie et ce livre m’a littéralement sauvé. Je l’ai découvert de manière un peu fortuite : à l’occasion d’une grande exposition collective, « Cent jours cent peintres » – chaque artiste avait 24 heures pour présenter son travail – j’avais exposé des perspectives sphériques, évoquant ce que l’on peut voir à travers un objectif « Fish eye ». En les voyant, Christiane Carlut – dont j’avais suivi l’enseignement aux Arts Déco – m’a dit qu’elles lui rappelaient la notion d’espace sphérique telle que René Daumal la décrit dans Le Mont Analogue. Je ne connaissais ni le livre ni l’auteur, mais j’ai suivi le conseil de Christiane Carlut et j’ai lu Le Mont Analogue. Ça a été le coup de foudre… Puis j’ai découvert les éditions Clémence Hiver et le formidable travail d’éditrice de Brigitte Rax. Enfin, j’ai été conforté dans mon désir de faire des livres lorsque mon ex-femme, l’artiste Isabelle Duval, a reçu pour son anniversaire, de la part de son frère, ses textes réunis en un livre. Je trouvais que c’était le plus beau cadeau qu’on pouvait faire à un artiste…
Je me suis donc lancé dans l’édition en 1992, avec un budget équivalent à 750 € d’aujourd’hui. Le premier livre a été publié grâce à une souscription, et les revenus de sa vente m’ont permis de publier deux autres livres. Tout s’est ainsi enchaîné progressivement, et je propose, aujourd’hui, un catalogue d’une soixantaine de titres.

As-tu d’emblée défini une ligne éditoriale pour ta maison ?
Pas vraiment. Je dirais qu’elle s’est définie d’elle-même. Après René Daumal, je suis très vite tombé amoureux d’autres très grands auteurs tels Luc Dietrich, Lanza Del Vasto ou Géo Norge. Les circonstances m’ont amené à rencontrer leurs ayant-droit, et des gens qui avaient travaillé sur les textes de ces auteurs. Ils avaient un grand nombre d’inédits qu’ils étaient disposés à me confier, et c’est ainsi que mon catalogue a commencé de se constituer, alimenté, dès le départ, par des œuvres majeures. Au vu de ces publications, on est venu me proposer des inédits de Charles Duits, qui est à son tour venu étoffer le catalogue. S’il me fallait à tout prix résumer en quelques mots mes grandes orientations, je dirais que je m’intéresse à tout ce qui est contemporain – poésie, arts plastiques, littérature… – sans véritable exclusive de genre. À cela près que je ne publie pas de romans. Je tiens cependant à rester très transdisciplinaire, et à conserver une attitude éditoriale qui serait celle d’un artiste.

Qu’entends-tu par là ?
Simplement que je cherche à publier des choses qui sont animées, qui ont une âme – je suis très croyant, très pratiquant, et cette notion d’âme, en ce qui regarde l’art sous toutes ses formes, est fondamentale pour moi. Le nom « éolienne » dit très bien cela – « éolienne » n’est pas à entendre comme un substantif, car il ne s’agit pas d’une allusion à la petite hélice qui procure de l’énergie grâce au vent, mais comme un adjectif, « mue par le vent ». Et dans cet adjectif, il y a deux références essentielles. La première renvoie à Marcel Duchamp, qui a eu l’idée des « ready made » après avoir été émerveillé, lors d’un salon aéronautique, par une hélice dont il avait admiré la torsion, et la seconde à Jung. Plus exactement à un rêve : celui, assez connu, d’une de ses patientes qui rêvait d’un champ de blé carressé par le vent. Jung avait interprété cela comme une représentation de la manifestation de l’Esprit Saint, de Dieu. Pour moi, l’adjectif « éolienne » signifie donc « animée par l’Esprit Saint », ou « animée par le Dharma » selon qu’on use d’une terminologie catholique ou bouddhiste. 
Il y a une autre raison qui me pousse à insister sur le fait qu’il s’agit des éditions éoliennes et non des éditions de l’Éolienne : quand j’ai eu trouvé ce nom pour ma maison, j’ai appris, grâce à internet, qu’il y avait déjà eu des « éditions éoliennes », au Québec, entre 1948 et 1953. J’ai bien sûr été un peu déçu – je croyais avoir été très inventif avec ce nom… – mais cela m’a montré combien il devenait pertinent d’appeler la maison éditions éoliennes, et de bien insister sur le dintinguo…

Tes publications sont très orientées vers les arts graphiques, par le contenu d’une part – ton catalogue comprend beaucoup d’ouvrages consacrés à des artistes plasticiens – mais aussi par leur aspect : la maquette, la mise en page paraissent pensées comme le serait un dessin, ou une composition picturale. Quelle place prend la « préoccupation textuelle » dans ce souci plastique ?
Elle reste primordiale. Être attentif à la forme, à la plastique d’un livre signifie simplement que la mise en valeur d’un texte est inséparable, pour moi, d’un véritable travail de recherche graphique. Je ne conçois pas de publier un texte sans ce travail-là. Par exemple, pour chaque livre, j’essaie de proposer trois ou quatre idées de mise en page. Il y a bien sûr des textes qui se prêtent davantage aux innovations graphiques, comme John Cage / Marcel Duchamp, et d’autres qui demandent de rester classique, mais j’essaie toujours de trouver un petit détail créatif qui va rompre ce clacissisme sans nuire au texte. Ce qui m’intéresse, c’est d’avoir quoi qu’il arrive quelque chose d’un peu croustillant, typographiquement parlant, qui apparaisse dans le livre. Je peux, ainsi, passer des heures et des heures à travailler la page de titre ou la page de colophon. Pour que j’aie envie de publier un texte, il faut qu’il me séduise mais aussi qu’il me permette de m’exprimer à travers la maquette, la typographie… etc. Et c’est encore plus stimulant quand les auteurs eux-mêmes se montrent inventifs dans leur typographie, ou quand leurs écrits témoignent d’une recherche un peu poussée en matière de ponctuation. Comme j’ai l’intention de me concentrer de plus en plus sur des ouvrages touchant à l’art contemporain, j’aurai davantage l’occasion de donner libre cours à cette inventivité graphique, de donner des ailes à mes publications. 

En termes d’inventivité graphique, sans doute as-tu atteint les limites de la lisibilité avec Pizze Poésie… qu’il est assez difficile d’appeler « livre » !
C’en est pourtant bien un… qui a été conçu comme un menu de pizzeria. C’est venu à la suite du Treizième signe, où j’avais proposé des poèmes écrits en signes de ponctuation, destinés non pas à être lus mais agrandis, encadrés, et exposés sur un mur. C’est de la poésie visuelle. Et j’ai poussé le bouchon plus loin avec Pizze Poésies en faisant… des pizzas (rires).

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Qu’est-ce donc que Le Treizième signe ?
Xavier Dandoy de Casabianca :
Ce livre est né d’une question que je me suis posée – comme d’autres avant moi dans l’histoire de la typographie… : « Pourquoi n’y a-t-il que douze signes de pontuation en français ? » Et d’une idée : inventer de nouveaux signes. À partir de là j’ai entamé des recherches qui m’ont appris que certains signes que je croyais tout droit issus de mon imagination avaient déjà été inventés – par exemple, le « point d’ironie » a été imaginé par Marcel Bernhardt. Cela m’a incité à chercher plus loin, et je me suis alors aperçu qu’il y avait des dizaines et des dizaines de signes, des signes complètement farfelus, hallucinants, qui avaient été créés par le passé – surtout aux XVIIe et XVIIIe siècles – mais que la communauté internationale n’avait jamais adoptés. L’histoire de ces signes refusés est fascinante mais très peu de gens la connaissent. Ces recherches, jointes à mon idée de départ, ont abouti au Treizième signe, un livre à entrées multiples qui mêle création typographique, information historique, pistes de recherche… etc. 
Ce n’était qu’un début, puisque le livre va être considérablement étoffé et réédité sous le titre Le Seizième signe. Mais la matière est loin d’être épuisée : il reste à étendre ce travail à l’échelle internationale et à recenser ce qui a été inventé et refusé en Italie, en Allemagne… et dans d’autres pays.

J’imagine que tu as limité tes investigations à l’alphabet latin ?
Oui (rires) En fait je ne connais pas suffisamment les autres systèmes d’écriture pour pouvoir me pencher sur leurs signes de ponctutation. Je sais qu’en chinois, les points sont blancs, et que les points de suspension vont par six au lieu de trois, mais pas grand-chose de plus… Il y aurait beaucoup à faire de ce côté-là, c’est certain !

T’arrive-t-il d’utiliser ces signes refusés dans tes propres mises en page ?
Oui, dans mes propres textes bien sûr, et dans ceux des autres si les auteurs le souhaitent – dans une prochaine publication, l’auteur a voulu introduire la « barre oblique dégressive » dans son titre. Il y a toujours au moins un ou deux de ces signes qui va apparaître dans les pages – mais pas davantage : je crois qu’au-delà, ça devient indigeste ; ça perd toute pertinence. Écrire un livre comme Le Treizième ou Le Seizième signe est une chose – on propose un éventail de possibilités – mais dans l’usage courant, il n’est pas vraiment possible d’insérer plus de deux ou trois de ces signes par livre ; ils perdraient tout leur intérêt !

Quel est ton rythme de publication ?
Il n’y a pas vraiment de règle ; c’est un peu au coup par coup, en fonction des opportunités qui se présentent. J’essaie cependant de ne pas trop publier, et d’étaler mon travail dans le temps – j’ai toujours une bonne dizaine de livres en chantier, que je réalise sur de très longues périodes. Je travaille beaucoup dans l’expectative, comme un pêcheur : je lance des hameçons et j’attends que ça morde. Quand j’ai une touche, que je trouve une idée pour un des livres commencés, alors j’avance un peu. Puis je passe à un autre. Et ainsi de suite… mais le livre n’est pas publié tant que je n’ai pas trouvé quelque chose d’intéressant à dire à travers sa typographie.

Reçois-tu des manuscrits par la Poste ?
Oui, et j’en ai même publié quelques-uns – mais très peu. J’ai de plus en plus de projets, de sollicitations, et comme je veux, avant tout, suivre les auteurs que j’ai déjà au catalogue, il me reste de moins en moins d’espace pour accueillir de nouveaux auteurs peu ou pas connus .

Comment tes livres sont-ils diffusés ?
Il suffit de les commander auprès de son libraire… Sinon, il y a un comptoir de vente chez Arcadia (9-11 rue du Champ de l’Alouette – 75013 PARIS) et on peut aussi acheter en ligne sur
www.rezolibre.fr. Mais je ne pratique pas la vente directe, et le site des éditions éoliennes ne permet pas d’acheter en ligne – c’est un choix délibéré : c’est ma façon de témoigner ma reconnaissance aux libraires qui m’ont soutenu et qui suivent mon travail depuis toutes ces années. Aujourd’hui, pour diffuser mes livres, je dois prendre mon bâton de pèlerin et aller moi-même chez les libraires… Cela demande beaucoup de temps, beaucoup d’énergie pour des retombées somme toute assez aléatoires. Un temps, j’ai eu un diffuseur en Belgique, puis à Paris, mais l’un et l’autre ont préféré arrêter. J’ai voulu adhérer à Athélès quand cette structure s’est mise en place, mais on m’a répondu que le nombre d’éditeurs accuellis devait rester limité. J’ai également songé à m’associer à une maison comme Clémence Hiver, mais je crois qu’on est chacun de son côté un peu trop fragile pour bâtir une structure de diffusion efficace.
Pour que les éditions éoliennes puissent continuer de tourner dans de bonnes conditions, je vais tâcher de monter en puissance sur un nombre restreint de livres – des textes de Daumal, de Dietrich, notamment – et de ne plus encombrer la diffusion avec des livres qui ne se vendront pas à plus de 2 ou 300 exemplaires. Ça devient beaucoup trop compliqué…

Comme beaucoup d’éditeurs aujourd’hui, tu as un site internet – je signale au passage qu’il est très riche, qu’on y navigue aisément, et qu’il porte bien ta « patte » graphique. Répond-il à une nécessité pour toi ?
Disons que je le considère comme un « passage obligé » pour me faire connaître. Mais ça ne m’intéressait pas outre mesure de construire un site internet, j’ai commencé à le mettre en place à reculons… Je me suis efforcé de faire un site très simple – ce sont juste des pages qui s’enchaînent – de façon à pouvoir l’actualiser régulièrement et le gérer moi-même de A à Z. La manière dont sont présentées mes publications, la page que je consacre à ma biographie, qui peuvent surprendre, signifient simplement que, pour moi, ma maison d’édition est une œuvre, au même titre que mes tableaux ou les livres que j’écris.

Figurent aussi sur ce site plusieurs noms de structures éditoriales. Y a-t-il entre elles un rapport généalogique ?
Non, pas vraiment. Au tout début il y a eu les éditions « À hélice », qui se proposaient de faire découvrir de jeunes auteurs. Ça a plutôt bien marché puisque, parmi ceux que j’ai publiés, Frédéric Richaud est allé chez Grasset et Nathalie Kuperman chez Gallimard. Peu après, j’ai imprimé moi-même des livres en sérigraphie que j’ai édités sous le label « Rien ». J’ai également créé « A Stella Matuttina » – une expression corse qui désigne l’Étoile du berger et signifie « Étoile du matin » – pour publier plus spécifiquement des auteurs corses. Quant aux éditions éoliennes, elles sont nées officiellement en 1994. Aujourd’hui, toutes ces structures coexistent et chacune correspond à des types de livres différents. Le but étant de ne pas étouffer les éditions éoliennes avec trop de titres – l’an passé j’ai publié douze livres sous le nom « éoliennes » et je pense que c’est trop.

Quels sont les projets éoliens qui s’en viennent ?
D’abord, continuer de publier les écrits des quelque trente auteurs qui sont déjà au catalogue des éditions éoliennes. Et monter d’autres structures, pour pouvoir engager de nouvelles aventures – avec la Slovénie, par exemple : j’ai en effet un projet éditorial franco-slovène – mais dans un domaine qui ne sera pas concurrentiel avec éolienne. Et j’ai aussi en tête de créer une maison d’édition qui n’existera pas – je veux dire qui sera entièrement virtuelle, et qui proposera une soixantaine de titres, sous 60 pseudonymes, avec 60 dessins de têtes d’écrivains, et 60 contenus de livres. Mais aucun ne sera publié. Cette fiction éditoriale s’appellera « Piranha »…

Tout en étant éditeur, tu es un artiste qui expose. Comment t’organises-tu pour mener à bien toutes ces activités ?
J’ai toujours plusieurs chantiers en cours – que ce soient des projets picturaux ou éditoriaux, personnels ou collectifs. Je travaille tantôt à l’un, tantôt à l’autre, et je me repose de l’un en me consacrant à l’autre. Il y aura, ainsi, un temps pour l’écriture, un temps pour le dessin ou la peinture, et puis des moments où je ferai plutôt de la mise en page, ou des tâches un peu répétitives…

Et si on veut en savoir encore plus, il n’y a qu’à aller sur ton site, qui est très bien fait…
Et comme ça, tout le monde verra que je suis un drôle d’éditeur (rires) !

Pour accéder au site des éditions éoliennes, suivez le courant d’air…

   
 

Propos recueillis par isabelle roche le lundi 4 septembre 2006, au siège des éditions éoliennes.

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