Collectif, Le Poids de l’inachevé

Entre un titre prometteur et une quatrième de couverture alléchante, un recueil bien décevant

Alors que le titre est prometteur – Le poids de l’inachevé – et que la quatrième de couverture laisse augurer des nouvelles renversantes : parfois il suffit de bien peu de choses pour qu’une existence bascule ; c’est un recueil bien tiède que nous livre la nouvelle maison d’édition des Funambules.

Le ton est insipide, le rythme est mou, le tout a un goût de réchauffé et on finit par s’ennuyer ferme… Faute de retranscrire le poids de l’inachevé d’une vie, ce sont plutôt ces courtes nouvelles qui semblent elles-mêmes inachevées. Était-ce vraiment le but recherché ?…
On ne voit pas trop de cohérence entre ces historiettes éclectiques de genres et d’auteurs différents ; et on a du mal à discerner entre les lignes un quelconque fil conducteur.

Brève autopsie des pages : Entre une jeune femme perdue dans l’immensité parisienne qui recherche ses ascendances (« Yliane Podefghui » de Catherine Nohales) et une ménagère dévouée et héroïque pleine d’abnégation conjugale (« Sagrada familia » de Catherine Levy), on y croise un mari aigri qui ressasse le souvenir d’une conquête fugace (« Une odeur de terre mouillée » d’Éric Lafitte). On a finalement sur le plateau un pêle-mêle de personnages de tous bords qui n’ont rien en commun et qui n’arrivent pas à nous émouvoir. 

Ces destins épars ne parviennent à nous arracher ni un sourire, ni une larme. Accordons cependant une mention spéciale à Claude Thomas qui sort du lot avec « Mauvaises critiques », une nouvelle croustillante et pleine d’ironie qui nous conte l’histoire d’un écrivain de théâtre mis au banc par la critique et qui en devient fou… Ce texte est un régal et rompt avec le ton monocorde des dix autres nouvelles. Dommage pour le reste du corpus…

Pour l’instant donc rien de bien remarquable dans ce premier recueil publié par cette toute jeune maison d’édition. Reste à espérer que les prochaines parutions seront un peu plus risquées et originales, afin de décoller de ce niveau « série B » des lettres françaises.

sonia rahal

   
 

Le Poids de l’inachevé, recueil collectif de onze nouvelles, éditions Funambules, décembre 2004 – 12,00 €.

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