Entretien 1 avec Élie-Charles Flamand (Les Méandres du sens)

Sur les pas d’un poète nourri du lait surréaliste mais qui a su trouver sa propre voie créatrice – en partie au fond de l’athanor…

Élie-Charles Flamand est un poète inquiet – mais y a-t-il un écrivain qui ne le soit pas ? Aussi me dit-il très vite, lorsque je lui demandai s’il serait d’accord pour être interviewé, qu’il n’était pas un homme de l’oral et que la perspective de devoir s’exprimer sans le secours d’une longue préparation préalable l’angoissait quelque peu. Je l’assurai aussitôt qu’il n’était pas question de publier tels quels l’intégralité des propos qu’il pourrait tenir : tout allait être transcrit, rédigé sous une forme plus « écrite », et rien ne serait mis en ligne sans avoir été validé par lui.
Mais son anxiété persistait.
« Je ne suis pas un orateur né, vous savez… je ne suis pas comme ces auteurs, que j’admire beaucoup, qui parlent à la radio ou à la télé aussi aisément qu’ils écrivent… » Il demanda donc à son ami Jean-David Jumeau-Lafond de bien vouloir assister à l’entretien et nous nous retrouvâmes donc au domicile du poète et de son épouse Obéline un soir de novembre.

Une fois que nous fûmes tous quatre réunis autour d’une collation servie par Obéline, cernés par d’innombrables livres de tous genres, une foultitude de spécimens de minéraux, de statuettes, et une impressionnante collection de toiles dressées serrées contre l’un des murs – l’Art, le Savoir, la Nature : une trinité fondamentale – la conversation commença, chaleureuse, sans le moindre des embarras que craignait le poète, centrée essentiellement sur son livre Les Méandres du sens. Entre mes questions fusait tantôt une remarque de Jean-David Jumeau-Lafond tantôt un souvenir drôle ou émouvant évoqué par Obéline. Puis l’échange se diversifia : nous en vînmes à parler d’art, d’esthétique – Obéline, artiste peintre, nous montra ses toiles et parla de sa façon de travailler…
L’atmosphère se détendit tant et si bien que je m’enhardis à proposer au poète de revenir le voir un peu plus tard pour aborder de façon plus spécifique sa poésie. Il accepta avec joie – et, quelques mois plus tard, avait lieu le second entretien.

Je tiens à dire ici combien j’ai été touchée par l’accueil que m’a réservé le couple Flamand. Obéline et Élie-Charles, liés par une profonde affection – il suffit de les voir côte à côte pour mesurer leur attachement réciproque – arpentent de conserve la même voie de vie, pavée de spiritualité et de dévotion à l’Art. Aussi est-il logique qu’ils partagent souvent un même espace artistique, la poésie d’Élie-Charles s’accompagnant des images – peintes, dessinées ou photographiées – d’Obéline…

Au printemps 1987, vous avez séjourné en Forez avec votrre épouse Obéline puis, à la suite de ce séjour, vous avez écrit Les Méandres du sens. Qu’est-ce qui vous a conduit à écrire ce livre ? Le séjour en lui-même ?
Élie-Charles Flamand :
Ce sont, plus exactement, les différents événements qui se sont produits au cours de ce séjour qui m’ont incité à écrire à leur sujet – mais je n’avais pas au départ l’intention de faire un livre ; le projet s’est imposé à partir de la tournure très particulière qu’a pris la succession de certains faits – le premier de ceux-ci, et le plus marquant, fut ma visite du château de la Bastie d’Urfé. J’ai compris tout de suite qu’il s’agissait d’une demeure philosophale, mais il a fallu que d’autres signes suivent cette révélation pour que je songe à écrire Les Méandres du sens.

Ce séjour a eu lieu en 1987, mais le livre n’est paru qu’en 2004. Pourquoi un tel intervalle de temps ?
Pour plusieurs raisons – la principale étant que la rédaction elle-même s’est étalée sur une période assez longue : je ne m’y suis pas consacré de manière continue et, outre les moments d’interruption, je suis revenu à plusieurs reprises sur le texte. Ensuite, il a fallu batailler ferme pour trouver un éditeur… Vous imaginez sans peine qu’un livre comme Les Méandres du sens n’est pas facile à placer ! Heureusement je connaissais Bernard Renaud de la Faverie, directeur éditorial chez Dervy. Passionné par l’alchimie, il avait été proche d’Eugène Canseliet et, de ce fait, mon texte l’a intéressé, et il a accepté de le publier. Mais Dervy livres dépend d’Albin Michel – c’est d’ailleurs avec le directeur d’Albin Michel, M. Francis Esmenard, que j’ai signé mon contrat – et bien que mon ami Bernard ait fait tout son possible pour aller vite, cela a retardé quelque peu la publication. De difficultés en retards successifs, les années ont passé et c’est pourquoi le livre n’est paru qu’en 2004. 

Comment avez-vous travaillé ? Avez-vous commencé dès votre retour du Forez à ordonner des notes que vous auriez prises ?
Il m’est assez difficile de dire a posteriori comment les choses se sont déroulées… Grosso modo, j’ai procédé de manière très classique, en retravaillant les nombreuses notes que j’avais prises pendant mon séjour. Je voulais rester précis, me tenir au plus près de la réalité de ce que j’avais vécu et ressenti, mais sans pour autant rédiger un compte rendu scientifique… Il a donc fallu réorganiser mes notes de façon à construire un vrai récit au sens littéraire du terme, notamment en les synthétisant – par exemple, lorsque je me suis rendu pour la première fois à la Bastie d’Urfé, j’ai vu un ensemble de détails qui m’ont bouleversé, mais sans les percevoir d’emblée de façon très nette ; l’ornementation est extrêmement riche et j’ai dû revenir au château pour approfondir ces perceptions sommaires. Dans le livre, cette somme d’expériences – toutes rigoureusement authentiques, je tiens à le souligner – est ramenée à une seule visite. Disons que je me suis octroyé certaines licences littéraires, mais uniquement sur le plan formel : j’ai vraiment vécu tout ce que je relate, y compris ces moments où je me suis senti comme projeté hors du temps présent…

Lorsque vous évoquez vos expériences de voyages temporels, ou que vous relatez la survenue de « présences », cela devient quasi romanesque – l’on sent un souci de ménager des effets d’attente, une certaine tension dans l’enchaînement des faits… Cela suppose en effet un véritable travail littéraire. N’est-il pas antinomique avec votre aspiration à l’exactitude ?
Vous savez, tout est paradoxal ! En fait, c’est simplement une question de formulation. Les choses sont d’abord ressenties ; ensuite il s’agit de les exprimer – et c’est justement là le travail de l’écrivain. Au premier degré, les choses sont alors perçues, au second, elles sont « mises en mots ». Et puis je sais bien qu’une partie de ce que j’écris échappe à ma conscience… Cela jaillit, impérativement, sans que je cherche d’où cela vient. Et c’est souvent à travers les comptes rendus des critiques, ou les remarques de certains lecteurs, que je découvre des choses auxquelles je n’avais pas du tout pensé en les écrivant – ni même en me relisant.
Par exemple, dans Les Méandres du sens, vous avez remarqué que je désigne ma femme sous le nom de O. ; mon ami Jean-David Jumeau-Lafond a fait la même observation, et d’autres lecteurs m’ont aussi demandé, alors que le texte n’était encore qu’à l’état de manuscrit, pourquoi je n’écrivais pas « Obéline » en entier… J’étais bien incapable de répondre ! Je me suis accroché à ce « O. » sans savoir pourquoi… Je jugeais simplement que c’était un peu mystérieux, et que cela convenait très bien au contexte. Et voici que Jean-David, dans une lettre à propos du livre, me parle d’ O., dont la perfection circulaire vous entoure et vous protège. Il n’y avait donc là rien de gratuit, l’injonction intérieure ne m’avait pas trompé !

Les Méandres du sens ne comporte aucun chapitre ; c’est vous qui avez décidé de cette construction tout d’un bloc ou bien est-ce un choix de votre éditeur ?
C’est mon choix personnel. Beaucoup de gens m’ont conseillé de changer cela mais j’ai persisté dans ce choix, avec d’autant plus de détermination que ce qui m’avait été suggéré aboutissait à une construction plus banale, plus ordinaire. Reste que cet aspect un peu monolithique a déconcerté un certain nombre de personnes. Notamment Pierre Belfond, qui a été mon premier éditeur. Nous nous étions un peu brouillés par le passé mais notre relation a repris un tour amical ; bien qu’il ait quitté la profession, nous correspondons toujours, et je lui avais adressé le manuscrit des Méandres du sens. Il a abordé le texte comme une simple compilation de souvenirs et selon lui ce n’était pas présenté de façon pertinente. Je lui ai expliqué qu’il ne s’agissait pas essentiellement d’un livre de souvenirs et il a alors convenu que la présentation était bien choisie. J’ai simplement obéi au cours des choses, j’ai « laissé venir »… Le journaliste qui a parlé de mon livre dans Histoires littéraires a rapproché sa construction de celle d’un roman de Michel Butor, Portrait de l’artiste en jeune singe – ce qui n’a pas laissé de m’étonner car je n’ai jamais lu ce livre. Mais comme je vous le disais, les propos des critiques apprennent souvent des choses aux auteurs eux-mêmes…

—–

Vous n’avez jamais été tenté par la fiction romanesque,
la nouvelle ?
La fiction n’est pas du tout mon mode d’expression. J’ai écrit des essais – sur la peinture, l’alchimie, les pierres « magiques »… – mais la poésie reste la part capitale de ma création, de ma vie. Je me considère avant tout comme un poète. Cela ne m’a pas empêché d’écrire, il y a longtemps maintenant, une espèce de conte symbolique intitulé Sur les pas de la fille du soleil. Quand l’idée de ce texte m’est venue, j’étais à Saint-Cirq Lapopie avec Breton ; il m’a encouragé à le travailler, et j’en ai terminé la rédaction une fois de retour à Paris. Plus tard, j’ai à nouveau tenté d’écrire un texte de la même veine, mais je n’ai pu l’achever… ça ne « venait pas », comme l’on dit. Cette tentative narrative a refait surface tout récemment. En cherchant d’anciens articles pour les réunir dans un livre à venir, j’ai retrouvé ce début de conte… J’ai eu envie de l’adjoindre à ces articles – en le remaniant quelque peu, mais en le laissant inachevé et en proposant aux lecteurs d’écrire eux-mêmes la fin, telle qu’ils la souhaitent. C’est une manière de clin d’oeil surréaliste… Et ce commencement ainsi remanié a été publié dans le numéro 3 de Supérieur inconnu, assorti d’une invitation au lecteur.
[Élie-Charles Flamand lit le passage suivant] :
Pourtant, l’inspiration, il m’en souvient, ne me faisait pas défaut et j’allais le continuer mais j’ai senti soudain que le déroulement de l’action risquait de me conduire vers quelque recoin, quelque zone d’ombre que je ne souhaitais pas explorer. Car j’avais conscience de n’être pas encore suffisamment armé pour affronter et déjouer ce qui pourrait s’y tramer. C’est maintenant à toi lecteur si tu veux bien jouer ce jeu de renouer le fil et de conduire à ta guise cette hsitoire.

Vous avez compté parmi les disciples de Breton, que vous avez d’ailleurs intimement côtoyé… mais vous avez été exclu du mouvement. Est-ce que cela a mis un terme à votre intérêt pour le Surréalisme et ses adeptes ?
Non, je n’ai pas cessé de m’y intéresser ; mais je pense que la disparition de Breton a sonné le glas du mouvement. Aujourd’hui, le suréalisme semble un peu dépassé. Il y a pourtant quelques passionnés qui entretiennent la flamme – notamment les gens qui s’occupent de la revue Supérieur inconnu, qui continue dans cette voie mais de manière un peu plus élargie.

On entrevoit, en lisant Les Méandres du sens, tout ce qui a une importance capitale pour vous et votre démarche créatrice. Est-ce qu’aujourd’hui, la géologie, l’alchimie, ont encore la même place dans votre vie qu’à l’époque de ce séjour en Forez ?
Oui, bien sûr… Comme vous le voyez [le poète montre sa collection de minéraux, dispersée çà et là sur les étagères, dans les moindres espaces libres de la pièce…] la géologie est toujours présente, peut-être de manière moins intense que lorsque j’ai commencé mes études scientifiques, mais me consacrer à la poésie n’a jamais signifié pour moi couper les ponts avec les sciences naturelles. Et maintenant, chaque fois que je pars en vacances – ce qui est plutôt, comme dirait Colette, un changement de lieu de travail… – j’observe les oiseaux, j’herborise, j’étudie la géologie du lieu, je continue à collectionner les spécimens de minéraux… etc. D’ailleurs, le monde minéral est omniprésent dans ma poésie. Quant à l’alchimie, mon intérêt pour elle s’inscrit dans la continuité de celui porté au monde minéral puisque l’alchimie repose essentiellement sur lui. Mais l’aspect matériel de l’alchimie ne se distingue en rien de sa dimension spirituelle. Pratiquer l’alchime, c’est chercher le divin dans la matière. L’essence du processus alchimique est d’entraîner des mutations spirituelles en même temps que s’accomplissent les opérations matérielles. La pratique alchimique pose d’importants problèmes pratiques et je n’ai, hélas ! pas pu m’y adonner autant que je l’aurais souhaité : lire les textes classiques et effectuer des recherches théoriques ne suffit pas, il faut pouvoir travailler au laboratoire car le contact avec la matière est primordial. Or beaucoup de place est nécessaire pour aménager un laboratoire – et en ville, ce n’est guère possible. Malgré tout, je n’ai pas renoncé à m’instruire en alchimie. J’ai une bibliothèque très bien fournie sur le sujet, et un de mes amis possède un laboratoire. J’espère pouvoir profiter bientôt de ses installations et de nouveau « travailler au fourneau », selon l’expression consacrée. En attendant, les connaissances que j’acquiers continuent de « faire leur chemin » en moi. Il y a des choses qui jaillissent, des idées.. des flashes…

Est-ce que l’alchimie est une discipline encore très vivace, aujourd’hui ? 
C’est assez difficile à dire parce que l’alchimie est une quête initiatique personnelle, d’un caractère très secret. Il y a toujours des alchimistes ; il y en a toujours eu, et il y en aura probablement toujours. Mais ils ne se font pas forcément connaître. Ils travaillent dans leur coin… Il y a cependant quelques maîtres qui émergent çà et là – le dernier en date étant ce mystérieux Fulcanelli, l’adepte dont mon maître, Eugène Canseliet, avait été l’élève. Par moments des gens publient des livres – mais des livres au contenu si abscons qu’il sera incompréhensible à quiconque ne possède pas de sérieuses notions d’alchimie. Si ces ouvrages ne sont pas destinés au grand public, ils ont au moins le mérite d’exister. Peut-être réveilleront-ils des vocations cachées…
 
Est-ce qu’écrire de la poésie est pour vous un moyen de cheminer vers le Grand-Oeuvre ?
Ce serait bien ambitieux ! On peut cependant risquer la transposition, dire que la poésie est une sorte d’alchimie et que, si on la pratique de façon très spirituelle, très profonde, elle peut permettre de progresser intérieurement et devenir initiatique. Oui, je suis intimement convaincu que la poésie est une quête de la Parole perdue pour arriver à la parole illuminatrice. C’est une forme d’initiation que l’on recherche, dans le cadre d’un travail sur soi – et là en effet la poésie rejoint l’alchimie sauf qu’on ne travaille plus sur la même matière, le poète œuvrant sur cette matière qu’est le verbe pour essayer de se surpasser et aller vers la Lumière.

Dans Les Méandres du sens, vous parlez beaucoup du jazz. C’est une musique qui semble revêtue d’une grande importance pour vous…
Oui. Le jazz est d’une importance capitale pour moi. J’ai commencé à m’y intéresser très jeune, en écoutant la radio. Puis je me suis inscrit au Hot club de Lyon. Cela m’a permis de rencontrer les musiciens américains quand ils venaient jouer en France, et le contact avec des artistes noirs américains m’a beaucoup apporté. Au-delà de leur musique, sur le plan humain ce sont des gens fascinants, très chaleureux. Cela va sans doute vous étonner mais c’est la première fois, dans Les Méandres du sens, que j’écris sur le jazz… Je n’avais jamais rien publié auparavant sur ce sujet – sinon quelques poèmes inspirés par cette musique.

Vous en écoutez en écrivant ?
Oh, je n’en écoute pas partuiculièrement en écrivant – d’autant que faire deux choses à la fois ne m’a jamais séduit ! Ou j’écoute vraiment, ou je me concentre sur mon écriture. La musique peut parfois servir de toile de fond, créer une ambiance mais justement, le jazz n’est pas une « musique d’ameublement », comme disait Erik Satie…

Est-ce que l’écoute d’un morceau de musique peut suffire à susciter la création poétique ?
Pas vraiment, c’est difficile à dire… peut-être quelquefois cela s’est-il produit, mais ce n’est pas systématique. Je pense que beaucoup de choses opèrent au niveau supraconscient ; ensuite cela vient nourrir l’inspiration – mais pas forcément dans l’immédiat ; je suppose qu’il y a tout un processus de synthétisation, de maturation qui s’engage au plus profond de mon esprit avant que l’influence se manifeste dans mon écriture. 

Vous vous dites peu sûr de vous ; je suppose que cela doit conditionner votre façon d’écrire… Revenez-vous souvent sur vos écrits, les corrigez-vous beaucoup ?
Oui, effectivement, je reviens beaucoup sur mes textes ; ce n’est pas une attitude très surréaliste – encore qu’il faille noter que Breton revoyait ses textes, même ceux qui étaient censés relever de l’écriture automatique… – mais mes poèmes ne sont pas de l’écriture automatique. Il y a certes toujours une part qui relève d’une certaine manière de ce procédé et qui jaillit des profondeurs de ma psyché, mais ce matériau de base est repris, corrigé, remanié… Quand je compose mes poèmes, il y a d’abord un « premier jet » puis une phase de reprise. Je suis très perfectionniste, et il y a aussi chez moi un fond d’anxiété. Chaque fois que je me relis, je trouve des défauts, relire est donc une épreuve considérable – alors je l’évite le plus possible ! Mais remanier ne veut pas dire réécrire, je ne suis pas comme certains poètes qui modifient leurs poèmes vingt ans après. En ce qui me concerne, je ne retouche jamais mes anciens poèmes, seulement mes textes en prose, pour les réactualiser parce qu’ils ont d’abord été publiés en revue.

Pour lire la seconde partie de l’entretien, cliquez ici

   
 

Ce long entretien, mené par isabelle roche,  est le fruit de deux rencontres assez espacées dans le temps – en novembre 2005 puis en février 2006 – suivies d’un patient travail de révision accompli par le poète…

Publicités

Commentaires fermés sur Entretien 1 avec Élie-Charles Flamand (Les Méandres du sens)

Classé dans Entretiens, Poésie

Les commentaires sont fermés.