Tout est bien qui finit bien (Shakespeare/Pierre Beffeyte)

Le ridicule confine à la bouffonnerie généralisée

Le décor est constitué de quelques meubles de styles classiques hétérogènes (Louis XV, Louis XVI) placés devant des toiles comportant des mises en perspective en trompe-l’œil. Dès les premières scènes, les acteurs viennent jeter leur répliques en les agrémentant de force mimiques, plaisanteries débridées. Des détails de costumes ou d’éléments de décoration (notamment d’échelle inadaptée) soulignent l’intention satirique du metteur en scène, qui tourne délibérément les dialogues en pitreries.

 Ses insertions dans le texte sont si nombreuses et si peu inspirées qu’elles ne confèrent aucune consistance à une pièce déjà fragile. L’illustration musicale hétéroclite (Julio Iglesias, Joe Dassin, Portishead) ne donne pas plus de trame au propos théâtral, incapable de soutenir l’attention qu’il ne cesse d’attirer.
L’intrigue est occultée par un flot de jeux farcesques qui semblent chercher en vain leur cohérence : on assiste à des scénettes de café-théâtre enchaînées sans intention lisible. Le ridicule confine à la bouffonnerie généralisée.

Une débauche de moyens ineptes, un assemblage d’enfantillages peu édifiants. Il est pathétique de voir les acteurs aux prises avec leur partition, s’évertuer démunis particulièrement dans les moments dramatiques. Rien ne porte l’attention, les personnages ne sont appréhendés qu’à travers leur expression supposée drôle.
Une farce sans consistance, dont on ne sauvera que quelques répliques (dignes) de Raymond Devos, bien portées par Romain Bouteille. L’humour de second ou troisième degré, sans doute recherché par Pierre Beffeyte, n’est pas atteint : il n’en reste qu’un rodéo insipide de pitreries.

c. giolito

Tout est bien qui finit bien
de William Shakespeare
Mise en scène et adaptation Pierre Beffeyte

Avec Rachel Arditi en alternance avec Alexandra Chouraqui
Romain Bouteille, Julia Duchaussoy, Sebastien Finck, Rene-Alban Fleury, Christophe Guillon, Emmanuel Guillon, Franck Lorrain, Estelle Simon, Benoit Soles en alternance avec Maxime d’Aboville, Chantal Trichet, Yvan Varco

Décor Jean-Martial Dubois
Costumes Audrey Losio

Au Théâtre 14, 20, avenue Marc Sangnier, 75014 du 15 mars au 30 avril 2011

Le texte de la pièce de Shakespeare (et non de l’adaptation) est publié par les éditions Gallimard (Coll. Folio) en 1996.

 
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