Entretien avec Eric Poitevin (photographe)

 

D’aucuns assimilent Éric Poitevin aux photographes plasticiens, d’autres rattachent son travail à l’école du « nouveau document »… Mais plutôt que de recourir aux courants ambiants pour appréhender son œuvre, mieux vaut encore l’écouter parler de son travail, de sa conception de l’image ; c’est le meilleur moyen d’éviter tout contresens. Et puis c’est un artiste fort disert dès lors qu’il s’agit d’évoquer son art… Il aime à se définir comme un « homme d’image » mais de superbes formules fleurissent çà et là dans ses paroles, témoignant d’un sens aigu des mots – sans cela, d’ailleurs, se méfierait-il d’eux au point de ne presque jamais les associer à ses photographies ?…

Quel a été votre parcours photographique et artistique ?
Éric Poitevin :
J’ai été initié très tôt à la photographie, à onze ans, par un de mes professeurs de collège, qui avait décidé de me montrer comment on faisait des images dans une cuisine avec trois cuvettes… j’ai trouvé ça assez miraculeux, et très vite j’ai mordu à l’hameçon. L’idée de faire des images pour mon seul plaisir me séduisait – d’autant que j’abordais cela de façon très décontractée, contrairement à la musique, par exemple, qui m’attirait beaucoup en tant que moyen d’expression artistique mais qui m’effrayait aussi car j’y pressentais des enjeux considérables pour moi, et de plus j’avais une sorte de complexe culturel vis-à-vis de la musique à cause de mon manque de connaissances en la matière. La photographie m’a permis d’oser : j’ai en effet rapidement compris que l’on pouvait s’autoriser beaucoup de choses. Peu à peu, j’ai découvert les images des autres : j’ai vécu mes premières amours photographiques avec Nadar, Richard Avedon… etc. Puis j’ai pratiqué en photo club, avec des amis, de façon à « entretenir le feu », comme l’on dit. Mon intérêt pour la photographie n’a fait que croître, en devenant aussi plus complexe. J’ai donc décidé de faire les Beaux-Arts. Et là, le ver qui était dans le fruit s’est développé… j’ai fini par me dire « ce serait bien si je pouvais vivre en faisant des images ». Cette idée s’est imposée, c’est elle qui m’a guidé. Puis ce sont les rencontres qui ont déterminé la suite. J’ai commencé à m’intéresser au fonctionnement des galeries, à la dimension économique de la pratique artistique – comment on produit… etc. Aujourd’hui, je suis dans une situation que je n’aurais même pas envisagée il y a ne serait-ce qu’un an – et c’est ça qui me plaît : ne pas savoir exactement où j’en serai dans un an.

Depuis le jour où vous avez décidé que la photo serait votre voie d’expression artistique, comment a évolué votre travail, sur les plans technique et esthétique ?
J’ai commencé comme tout le monde, avec un 24×36 qu’on m’a prêté, puis j’en ai acheté un, ensuite je suis passé au moyen format, au 6×6. Jusqu’à ce que je découvre le travail à la chambre photographique… grâce au concierge de l’école des Beaux-Arts ! Un jour, il m’a montré une grande boîte qui était dans un coin, et dont personne ne se servait. Il m’a dit : « Tiens, je crois que c’est un appareil photo. Ça devrait t’intéresser… » Quand il a ouvert la boîte, j’ai compris ce que c’était ; j’ai essayé, et depuis, je n’ai plus cessé de photographier à la chambre. Et maintenant, ce serait difficile pour moi de travailler à nouveau avec un 24×36, ce serait – la comparaison est peut-être un peu triviale – comme demander à un conducteur habitué à des voitures très puissantes de se mettre à rouler en 2CV !
Avec la chambre, un pan entier d’univers s’est ouvert à moi ; c’est une autre façon d’aborder l’image. Je me suis assez vite senti à l’aise avec cet instrument. D’ailleurs, je n’ai pas tardé à utiliser des chambres plus grandes : j’ai commencé avec une 4×5 inches, et maintenant, je travaille avec des chambres de 8×10 inches.

Et sur le plan thématique, comment avez-vous évolué ?
Parler en termes d’évolution n’est pas facile… je serais tenté de dire qu’à la base, tout m’intéresse, que j’aimerais pouvoir traiter n’importe quel sujet – le « sujet » n’étant pour moi qu’un prétexte à faire des images. D’ailleurs, selon moi, tout peut être pris comme « sujet » de photographie – et aujourd’hui, si je pose un regard rétrospectif sur mon travail, je crois avoir à peu près tout fait : travail en studio et en extérieur, portrait, ce qu’on appelle la nature morte, le paysage le nu… mais en même temps, j’essaie à chaque fois de proposer autre chose que ce qu’on a l’habitude de montrer. « Faire du nu », par exemple, ne m’intéressait pas vraiment parce que c’est un genre assez rebattu. Mais j’ai pensé que je devais en faire, histoire de voir comment j’allais réagir et aborder ce thème, quels allaient être mes choix, ce que je n’aime pas et pourquoi… etc. Je définirais ma démarche comme un effort permanent pour réaliser des images différentes de celles auxquelles les gens sont habitués. C’est ma gageure ! ainsi ai-je voulu montrer l’arbre différemment alors qu’on a vu des millions de photos d’arbres, et que tout le monde sait ce qu’est un arbre… Pour résumer, je pourrais dire que je suis davantage du côté de l’image que du sujet : ce que je cherche, c’est une réponse photographique. Mes sujets, je les veux les plus simples possibles, comme si à travers eux, j’instaurais une sorte de réapprentissage d’une lecture photographique. Et puis je me préoccupe davantage des conséquences d’une image que de ses origines.

Les « conséquences d’une image », ce sont les réactions du public ? Auriez-vous par hasard envie de vous mettre dans un coin afin d’observer comment les gens réagissent ?
Non, pas tout à fait… ce que vous décrivez ressemble à une sorte de piège, et je n’ai envie de piéger personne… si ce n’est moi ! Car je suis mon premier spectateur. Mais bien entendu, la façon dont les gens réagissent à mes images m’intéresse au premier chef : exposer mes photographies, c’est faire un pas vers des rencontres possibles, c’est prendre un risque, mais c’est aussi une aventure, et une aventure, ça se partage. Sinon, mon travail serait une démarche d’autiste. Je perçois le spectateur comme un interlocuteur, et l’exposition est l’occasion pour moi de voir si ce qu’il manifeste vérifie ce que j’ai ressenti, si ma conviction intellectuelle, mon ambition ont tapé juste. Mes images sont comme des curseurs que je déplace le long de l’échelle de mon ressenti personnel, elles sont des points de rencontre, et c’est très agréable de constater, lors des expositions justement, que certaines personnes voient ce que j’ai vu, et repèrent parfaitement où est le curseur…

Vous avez effectué une partie de vos travaux passés en noir et blanc. Que représente aujourd’hui le noir et blanc dans votre démarche ?
J’ai longtemps travaillé uniquement en noir et blanc, et le passage à la couleur a été assez difficile. Mais quand j’ai franchi le pas, il était temps que je le fasse : ça a été comme un immense appel d’air, et j’ai cessé de faire du noir et blanc. Aujourd’hui mes images sont en couleur, mais il n’y a jamais rien de définitif dans ma pratique artistique, et si tout d’un coup je trouve nécessaire de faire telle chose en noir et blanc, alors je la ferai en noir et blanc. J’essaie d’utiliser tout ce que la technique permet en photographie, le noir et blanc est un moyen parmi d’autres, et je ne m’interdis en aucun cas d’y recourir si mon projet le requiert. D’ailleurs j’ai utilisé le noir et blanc il n’y a pas très longtemps – à des fins « démonstratives », si l’on peut dire, dans un travail que j’ai peu montré, mais qui n’en existe pas moins.

Utilisez-vous la photo numérique ?
Non. Je me suis un tout petit peu essayé au numérique, mais vraiment de manière anecdotique, sur un tirage, pour voir ce que c’était, par quels réseaux ça passe… etc. Je pense que je pratiquerai un jour la photo numérique, mais en ayant bien présent à l’esprit que cette technique implique des enjeux et des résultats plastiques qui n’ont rien à voir avec ceux de l’image argentique. Ce sont aussi deux manières radicalement différentes d’aborder l’image et c’est à mon sens une erreur majeure que de vouloir faire du numérique en escomptant un « rendu » argentique. C’est absurde : chaque technique a ses spécificités et si l’on oublie que les arguments du numérique ne sont pas ceux de l’argentique – et vice versa – on s’expose à de profondes déceptions en matière de résultats. Ces différences se retrouvent au niveau des gens que l’on côtoie : en pratiquant la photo argentique, on croise des gens qui ont un regard éduqué par les images, tandis qu’au long du circuit numérique, on rencontre essentiellement des ingénieurs. Et ils n’ont pas du tout la même approche visuelle !

Est-ce que vous travaillez toujours par séries ?
Pratiquement. En général, oui, je procède surtout par séries. Mais depuis quelque temps ça m’arrive de faire quelques images isolées. Et si je les utilise dans des expositions assez conséquentes, elles seront comme des sortes d’articulations.

Et ça vous arrive de reconstruire des séries après coup, à partir de ces images isolées ?
Non, ça ne m’est jamais arrivé jusqu’à présent. Quand je parle de série, j’entends le mot « conceptuellement », si je puis dire : cela signifie que la série est d’emblée envisagée comme telle, en termes de motif, d’espace de prise de vue, de modalités d’éclairage, de surface de tirage, de montage, d’encadrement – ou de non-encadrement… etc. Une fois tous les éléments arrêtés, le nombre d’images fluctue : certaines séries comportent à peine cinq ou six images, d’autres jusqu’à une douzaine – mais rarement plus. J’arrête les prises de vue quand j’ai le sentiment d’avoir à peu près épuisé mon idée.

Est-ce qu’en général, vous exploitez toutes les images que vous avez réalisées lors d’une séance de prise de vue ou bien est-ce que vous faites une sélection ?
Il y a toujours une sélection… Ce n’est ni important, ni nécessaire, pour moi, de tout montrer. Les séries exposées sont constituées d’une partie seulement des images effectivement réalisées. Celles-ci sont comme une sorte de matière première que je stocke et dont je prélève des parcelles au gré des circonstances, en fonction, aussi, des espaces dont je dispose.

Étant donné la taille de vos œuvres, l’espace est en effet un critère prépondérant dans le choix des images que vous allez exposer…
Oui, car pour avoir un développement intéressant d’une série – souvent à base de grands formats, mais pas toujours : je présente aussi beaucoup d’images de petite taille – il vaut mieux avoir à sa disposition un espace conséquent. Il n’empêche qu’à ce jour, l’exposition que je considère comme la plus réussie tenait dans une galerie minuscule, qui devait mesurer moins de quinze mètres carrés et où je n’avais accroché que quatre photographies ! Ici, au Plateau, j’avais beaucoup de place, et j’ai opté pour des grands formats.

En regardant la succession de séries qui constitue votre exposition, j’ai perçu une cohérence d’ensemble, un peu comme si je lisais une phrase, qui elle aussi est un tout cohérent constitué d’unités signifiantes plus petites – les mots. Êtes-vous d’accord avec cette interprétation ou bien la récusez-vous ?
Non, je suis tout à fait d’accord ; je dis parfois de mon travail que c’est une sorte d’alphabet photographique que je constitue petit à petit, et la phrase, c’est ce qui vient après… à cela près que je ne raconte pas d’histoire, mes séries d’images n’ont pas vocation narrative. Et pourtant, les images – c’est ce que j’aime en elles – permettent de raconter. Mais pas forcément une anecdote, et avec autre chose que des mots ; mon ambiguïté est là précisément : vouloir raconter autre chose qu’une histoire, avec une économie de mots, voire avec pas de mots du tout. Ma confiance et toute mon énergie je les mets du côté de l’image – pour moi c’est l’image avant tout.

Parmi les photographies exposées, une seule est encadrée. Est-ce une façon d’introduire une rupture de rythme dans l’ensemble ?…
Non, pas du tout, c’est simplement que l’image en avait besoin, j’ai eu l’impression d’être plus juste en mettant un cadre à cet endroit-là. En fait je raisonne toujours au coup par coup, de façon à coller le plus étroitement possible à mon projet. Je prends mes décisions en fonction de chaque image : celle-ci aura besoin de tel format, de tel support, cette autre de telle dimension… et pour le cadre c’est pareil : certaines images me semblent nécessiter un cadre, d’autres non. Il n’y a pas si longtemps, j’encadrais beaucoup mes images. En ce moment, je le fais moins, mais je trouve important d’avoir placé une image encadrée dans cette exposition : ça montre que l’encadrement – par sa présence ou son absence – est partie intégrante de mon travail.

Je trouve que vos images, même celles qui sont « pleines » comme les sous-bois, relèvent de l’abstraction au sens propre, elles sont prélèvement d’un morceau de réel mais dénuées de toute ambition documentaire…
Il n’y a effectivement pas d’ambition documentaire dans mon travail. Les morceaux de réel dont vous parlez me servent peut-être à édifier une sorte d’alphabet, base nécessaire à l’apprentissage de tout langage. Michel Frigot a écrit un texte magnifique sur les tout-débuts de la photographie où il relève que des gens très instruits comme Talbot, Bayard et d’autres, issus de l’aristocratie pour la plupart, s’acharnent à ne photographier que des choses « sans valeur » – un chapeau de paille sur un banc, une échelle contre un mur… etc. et il établit un parallèle entre ces images photographiques (donc nouvelles à l’époque) et les livres destinés à apprendre la lecture aux enfants. Il y a peut-être quelque chose de cet ordre-là dans mon travail…
De temps à autre, il arrive qu’on me reproche de ne donner aucune dimension sociale ou politique à mon travail. C’est juste qu’à mes yeux, la politique et l’engagement social ne se pratiquent pas sur les mêmes terrains que l’art. Quand je photographie, ce sont d’autres territoires qui m’intéressent et si je voulais agir politiquement, je le ferais ailleurs : au conseil municipal de mon village, ou au conseil général du département, ou dans d’autres institutions. Mes images, elles, sont le lieu d’autres batailles, d’autres enjeux. Cela étant, mon art de toute manière est un engagement, et je me considère comme un photographe militant.

L’exposition du Plateau va donner lieu à la publication d’un livre. Pourriez-vous m’en dire un peu plus à ce sujet [Lors de l’interview, le livre n’était pas encore sorti – Ndr] ?
Le projet est né assez simplement : il se trouve que cette exposition est la dernière dont Éric Corne [commissaire de l’exposition, co-directeur du Plateau chargé de la programmation artistique remplacé aujourd’hui par Caroline Bourgeois – Ndr] s’est occupé dans le cadre de son action au Plateau, et il tenait à ce qu’il y en ait une trace, sous forme d’une petite publication. Je trouvais l’idée excellente, mais d’un autre côté, ça ne m’intéressait pas de refaire un catalogue qui aurait ressemblé à celui que j’ai réalisé il y a environ un an et demi. Et comme le budget n’était pas énorme, on a donc décidé qu’on allait faire un petit objet strictement lié à l’expo du Plateau mais qui n’en serait pas le catalogue raisonné : il n’y aura que la dernière série d’images que j’ai réalisées pour cette exposition, à savoir une douzaine de nus. Ce sera donc un livre modeste, avec une toute petite pagination – trente-deux pages, je crois. Mais ce sera un bel objet : il sera publié par un excellent éditeur belge, La Lettre volée, dont j’apprécie beaucoup le travail. Le livre sortira le 20 novembre, soit la veille de la clôture de l’exposition… ce n’est bien évidemment pas de volonté délibérée : si on avait pu le publier en même temps que l’expo commençait, on ne s’en serait pas privés ! mais je n’ai commencé à travailler sur ma série de nus qu’en juin / juillet. Aussi le livre n’a-t-il pu être prêt avant. Mais finalement, ce qui compte, c’est qu’il existe, et qu’il ait une vie au-delà de l’exposition.

Y aura-t-il du texte dans ce livre ? on parle volontiers de « silence » à propos de vos images. Donc la question du texte m’intrigue !
Pendant longtemps, je n’ajoutais aucun texte à mes images dans les livres que je publiais, et ça posait un problème aux critiques, parce que la plupart d’entre eux ne relayent que l’écrit. C’est-à-dire qu’ils n’écrivent qu’à partir des textes. D’ailleurs, jusqu’à très récemment, quand la presse s’adressait à moi, on me demandait des textes, et non pas des images ! Mais j’ai toujours résisté ! ce n’est pas à moi de produire le texte, mais à eux, critiques, de travailler à partir des images. Et puis il y a peu de temps, une Bruxelloise qui connaît très bien la photographie – et que j’aime beaucoup – Catherine Meyeur, a rédigé un texte pour un livre que j’ai publié il y a un an et demi aux éditions Coromandel. Elle a vraiment compris les enjeux et l’ambition de mon travail. Je ne refuse pas l’écrit, mais je dis simplement que ce n’est pas à moi de le prendre en charge – et c’est pour ça qu’il y a si peu de textes. 
Pour répondre à la question, oui, il y aura un texte dans le petit livre qui va sortir : une lettre qu’Éric Corne m’a écrite. Elle terminera le livre comme mon exposition clôt son aventure au Plateau – et je trouve que la forme épistolaire est un très bon choix.
 
C’est une question qui va peut-être vous sembler bizarre par rapport à des images que l’on dit « silencieuses » mais j’aurais envie de vous demander quelle musique vous auriez envie d’associer à cet ensemble de photographies ?
Ce qui est intéressant, ce n’est pas que moi je projette de la musique, mais que d’autres le fassent ! et c’est arrivé : j’ai des amis compositeurs qui, en regardant mon travail, ont pensé à certaines choses. Mais j’aurais beaucoup de mal à projeter quoi que ce soit. De même que je ne convoque pas le texte, je ne convoquerai pas la musique. Par exemple, Éric Corne voulait inscrire une phrase à l’entrée de l’expo, une phrase magnifique signée Ovide – c’est toujours très beau, Ovide… ça parlait de cerfs, de montagnes… etc. et je n’ai pas voulu parce que je trouvais que ça conditionnait beaucoup trop le regard ; et la musique, selon moi, ferait le même effet.

Pour peu que vous puissiez en parler, quels sont vos projets immédiats ?
Mes projets ? Idéalement, ce serait de ne pas avoir de projets tout de suite ! j’ai eu un programme assez chargé cette année – un tir groupé d’expositions assez conséquentes entre le Musée de la photographie de Charleroi, une expo collective au musée d’art moderne de Strasbourg, puis le Plateau… – et j’aimerais me reposer un peu, de manière à jouir pleinement de tout ce qui s’est passé récemment pour moi – et il s’est passé pas mal de choses ! je crois que c’est important de ne pas aller trop vite, de prendre le temps d’apprécier la portée des événements. Pour l’instant je n’ai pas d’expo précise à l’horizon ; on commence à me proposer des choses, mais j’attends de voir.

Pendant ce temps de repos, allez-vous quand même faire de la prise de vue comme ça, sur l’instant, en spontané ?
Non, je ne fais pas ça ; pour moi la prise de vue c’est un travail et ça correspond toujours à une sorte de nécessité, à un projet qui se met en place. En définitive, je fais très peu d’images. Prendre des photos sur l’instant, comme vous dites, reviendrait à pratiquer une sorte de gymnastique d’entretien, et je préfère ne rien faire du tout. Par contre, j’ai toujours le regard en éveil, et je vais profiter de cette période de relâche pour voir beaucoup d’expositions – il y a des choses qui m’enthousiasment, d’autres qui me mettent en colère… et tout cela me fait travailler ! Je vais aussi me replonger dans ma bibliothèque, et brasser des images de toutes les manières possibles – mais pas les miennes… – jusqu’à ce qu’un lièvre sorte du chapeau et là je reprendrai le travail.

Est-ce que vous vous promenez avec un petit bloc-notes pour noter vos idées ?
Jamais ! j’ai trop peu d’idées pour les noter (rires) !

Les dernières expositions d’Eric Poitevin
2001
– Galerie J-F Dumont-Mollat, Bordeaux
2002 – Galerie Pietro Sparta, Chagny
2003 – Galerie Baronian-Francey, Bruxelles
 Frac Franche-Comté, Musée des Beaux-Arts, Dole
 « Panorama quatre paysages persistants », Le Fresnoy et musée des Beaux-Arts, Tourcoing
 Galerie Blancpain-Stepczynski, Genève
2004 – « L’image nue », Musée de la photographie, Charleroi
 Le Plateau, Paris

 

Ses catalogues
Les Papillons, William Blake and Co & Jean-François Dumont, 1994
Éric Poitevin, CNP / Frac Lorraine, Actes Sud, 1998
Éric Poitevin, Coromandel Design, 2003
Éric Poitevin, La Lettre volée, 2004

   
 

Propos recueillis par isabelle roche le 13 novembre 2004 au Plateau – 33 rue des Alouettes – 75019 PARIS

 
     
 
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