Michel Carly, Les Vrais crimes de Simenon

Michel Carly revient sur les premiers pas de Simenon à Paris et sur la source journalistique de son inspiration


M
ichel Carly est un des grands spécialistes de Georges Simenon. On lui doit toute une masse de travaux sur le père du commissaire Maigret aux éditions belges Céfal puis, plus récemment, une vaste collaboration avec Omnibus pour l’Année Simenon. Il a ainsi réalisé Maigret, traversées de Paris, en partenariat avec Paris Bibliothèques à l’occasion d’une exposition à la BiLiPo.

Bien entendu, Michel Carly est un membre éminent de l’association Les Amis de Georges Simenon dirigée par Jean-Baptiste Baronian. À l’occasion de l’Année Simenon, l’association a publié cette étude qui reprend la première vie journalistique de Simenon. Cette étude est hors commerce et ne peut s’acquérir que moyennant une adhésion à ladite association belge (plus d’informations en écrivant à Michel Schepens : m.schepens@skynet.be).

On découvre un Simenon forcément différent de celui qu’on connaît. En 90 pages, on retourne aux sources de son inspiration. On passe en revue les malfrats, les assassins qu’il a côtoyés et qui l’ont parfois manipulé. Qu’ils s’appellent Guy Davin, Hyacinthe Dans ou surtout Ferdinand Deblauwe (que Simenon connaissait bien avant qu’il ne devienne un meurtrier recherché par les polices de France et de Belgique) tous ont attiré Simenon par leurs actes hors du commun – mais souvent très mesquins.

Michel Carly revient aussi, évidemment, sur Pigalle et ceux qui gravitent autour. On y découvre le commissaire Guillaume et Édith Piaf, ce goût, aussi, des journaux pour des faits divers toujours plus macabres – car le public est friand de ce sang qu’il aime à voir couler aux abords de la Santé.

Cétait l’époque où gangsters corses rivalisaient avec truands marseillais pour conquérir les bas-fonds parisiens. La drogue faisait déjà des ravages mortels et la prostitution était un commerce florissant. Les grands de ce monde jetaient beaucoup de poudre aux yeux. C’était plus qu’il n’en fallait pour un Simenon pas encore affirmé, un Simenon candide et avide de reconnaissance. Le futur père de Maigret.

Bref, cette trop courte étude, illustrée de photos d’époque et de premières unes de journaux est à lire avec toute l’attention qu’elle mérite. Les nostalgiques de Maigret et de cette époque apprécieront.

j. vedrenne

   
 

Michel Carly, Les Vrais crimes de Simenon, Les Amis de Georges Simenon, 2004, 90 p. – HC.

 
     
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