Stan Nicholls, Orcs – L’intégrale de la trilogie / La Relève

Un challenge intéressant mais pas forcément évident : Des Orcs pour héros !

Nos héros, les orcs !Lorigine des Orcs (ou Orques) se perd dans la nuit des temps. Les plus anciens témoignages proviennent du célèbre Tolkien, qui se serait lui-même inspiré d’obscures légendes nordiques. Les orcs se situent entre les trolls et les gobelins et sont parfois confondus avec ces derniers. Si leurs descriptions diffèrent d’un monde à l’autre (Terre du Milieu, Warcraft, Warhammer…), on peut difficilement les confondre au fond d’un bois avec leur grande taille, leur aspect massif, leur peau grise et rugueuse et leur visage bovin garni de défenses de sanglier. En général d’une intelligence limitée et d’un caractère mauvais, ils ont un point commun : un gout immodéré pour la baston. C’est leur principal centre d’intérêt, le seul vous diront les mauvaises langues.
 
Avec ça, on sentait Stan Nicholls bien mal barré pour faire de ses Orcs les héros d’une saga en trois volumes réunis ici par les éditions Bragelone (le tout complété par une nouvelle). Ce n’est pourtant pas la première fois que des obscurs ou des sans-grade deviennent les héros de cycles d’heroic fantasy. On pensera à La Compagnie noire de Cook ou à L’Elfe noir, de Salvatore. Simplement, les protagonistes principaux nécessitant de susciter un minimum d’empathie avec le lecteur, on assiste ici à une véritable gageure de la part de l’auteur.
 
Sur le monde de Maras-Dantia, les « Renards » forment une compagnie d’Orcs comme les autres, à ceci près qu’après avoir lamentablement foiré leur dernière mission et connaissant le prix à payer en cas d’échec, ils préfèrent s’enfuir et se retrouvent renégats. Pourchassés par leurs anciens comparses, pas vraiment copains avec les trolls, les gnomes et tout le bestiaire habituel de la fantasy, ayant surtout de sérieux antagonismes avec les humains, la petite compagnie n’a pas le temps de s’ennuyer, et nous non plus.

Cette petite troupe est composée de quelques gradés : Stryke, le chef, légèrement plus intelligent que la moyenne mais pas trop quand même, faut pas exagérer. Coilla, la seule femelle Orc du groupe, aux idées plutôt modernes. Haskeer, l’un des sergents de la bande, légèrement moins intelligent que la moyenne mais bien balaise et toujours en bisbille avec Jup le nain, sergent lui aussi mais pas toujours bien accepté par le reste des Orcs… en même temps, un nain parmi les Orcs, ça fait un peu tache.

M
alheureusement, c’est là où le bât blesse, toute cette équipe est un peu trop gentille, un peu trop « humaine ». On se demandait comment Stan Nicholls allait s’en sortir, c’est simple : il triche. En tout cas, il abuse d’anthropomorphismes avec ses Orcs. Les humains, eux, font figure d’ennemis pas toujours très subtils. L’auteur fait une parabole entre le massacre des indiens d’Amérique et le sort de ses malheureux Orcs qui se retrouvent soudain bien respectueux du monde qui les entoure, voire carrément écolos, on aura tout vu.
 
En même temps, le livre se lit avec plaisir. On est tenu en haleine d’un tome à l’autre par un auteur qui fait preuve d’un excellent sens du rythme. L’action est menée tambour battant, sans temps mort. On finit par s’attacher à ces Orcs (malgré leur manque de défauts) traqués de toutes parts mais plutôt sympathiques avec leur côté « on fonce dans le tas, on réfléchit après ». L’histoire s’avère, en définitive, pleine de rebondissements et de péripéties mais moins originale qu’elle ne le laissait supposer au départ.
nicolas klemberg

   
 

Stan Nicholls, Orcs – L’intégrale de la trilogie suivie de La Relève (traduit par Isabelle Trouin), Bragelonne, janvier 2007, 671 p. – 25,00 €.

 
     
 
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