Robert Heinlein, Marionnettes humaines

Dans la lignée de son Histoire du futur, Robert Heinlein offre un nouveau récit prospectif plein d’humour

Sam Cavanaugh est un agent très spécial : en effet, il appartient à un service qui n’existe pas. Et quand le Patron lui offre une équipière des plus sexy pour une mission extraordinaire, il ne peut s’empêcher d’accepter. Malheureusement pour lui, il va se retrouver au contact d’extraterrestres pour le moins invasifs. Contaminé par l’un d’eux, il fera tout pour cacher les informations capitales dont il est le détenteur, espérant retarder suffisamment la colonisation de la Terre pour que son équipe réagisse et sauve l’espèce humaine. Mais les bêtes vont vite, très vite. Elles nous connaissent et utilisent nos propres systèmes pour mieux nous duper. C’est alors une véritable course contre la montre qui s’engage : chaque espèce devra faire preuve d’ingéniosité et d’une capacité d’adaptation hors du commun pour espérer remporter la bataille et anéantir son adversaire.

Dans la lignée de son Histoire du Futur, Robert Heinlein offre un nouveau récit prospectif plein d’humour et de personnages hauts en couleur. Il marie science-fiction et polar pour conter les aventures hilarantes d’un homme pas vraiment comme les autres. Bien avant Men in Black ou James Bond, il crée le personnage du Patron – homme mystérieux incarnant une fonction avant d’être un homme – , des locaux officieux cachés en des lieux plus incroyables les uns que les autres ainsi que des gadgets très évolués.
L’histoire, bien que très classique, n’en reste pas moins prenante et sacrément entraînante. La plume alerte de l’auteur, son sens du suspense, ses connaissances techniques lui servent de base pour construire une histoire presque plausible et haletante, dont le lecteur ne sort pas indemne. À vrai dire, il est surtout prisonnier d’un texte qui se laisse dévorer en quelques heures et qu’il est difficile de laisser de côté avant de l’avoir fini.

Les amateurs ne seront pas déçus par la critique sous-jacente de la société américaine moderne, l’étalage de l’incompétence chronique des élus, leur lobbying et surtout la lourdeur qui résulte des structures mêmes. La lecture peut rester superficielle et l’ouvrage se contenter d’être un bon roman policier, ceux qui veulent une vue plus profonde ne pourront s’empêcher de sourire face au cynisme et à l’acidité des caricatures présentées. Le meilleur moment résidant certainement dans l’inévitable histoire d’amour et les réflexions qui la précèdent.

Ce roman a été adapté au cinéma par Stuart Orme sous le titre Les Maîtres du monde.

anabel delage

   
 

Robert Heinlein, Marionnettes humaines (traduit par Alain Glatigny), Gallimard coll. « Folio SF » (n° 223), 2005, 371 p. – 6,80 €.

 
     
 
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