Maurice Matieu, La Candélaria, Gaza et autres banalités…,

Matieu refuse toute forme de reconnaissance par ceux qui représentent la société

Le Méjan accueillera du 15 mars au 1er mai 2012 une exposition des œuvres de Maurice Matieu. On y retrouvera ces toiles peintes dans le cadre d’une action menée par le peintre dans le but de dénoncer les massacres d’Etat.
Une première série d’huiles et de dessins en réaction au massacre de La Candélaria : dans la nuit du 23 juillet 1993, un commando d’hommes armés a tiré sur un groupe de jeunes gens dormant dans la rue, à Rio de Janeiro.
L’intervention israélienne à Gaza, en 2010, renvoie Maurice Matieu à son dessin sur Arches d’après le tableau du Tintoret Le Massacre des innocents, qu’il avait réalisé après l’épisode de Sabra et Chatila, au Liban en 1982…
Enfin, le livre se referme sur Facies Book et le texte d’Antonin Artaud, Chiote à l’esprit, qui aura tenaillé le peintre pendant quarante ans avant qu’il ne parvienne à lui donner son miroir dessiné…

Des toiles souvent monochromes qui rappellent les mosaïques, dans des tons ocres ou rouges sang, délavés parfois, dégradés souvent… Des nuances qui signent la volonté de Matieu de croire en demain. Il refuse de se vautrer dans le souvenir et la commémoration mais préfère conserver seulement l’image d’une action pour l’aider à traverser le miroir et tendre vers un futur forcement meilleur. Un possible autrement qu’en fonction de la place sociale occupée. Matieu refuse toute forme de reconnaissance par ceux qui représentent la société, ceux qui en sont les délégués. Un artiste est toujours hors du groupe. Un artiste ne peut se récupérer…
Par contre, un peintre peut aussi se mêler de la chose politique. Matieu tient à occuper la place pour créer une réaction avec ses tableaux. Pousser le regardeur à réfléchir au poids des idéologies qui conduisent au massacre. A la catastrophe. Pour y remédier, il faut élargir le souvenir collectif. Comprendre que l’on est tous solidaires les uns les autres…
Candide Maurice Matieu ?

la redaction

   
 

Maurice Matieu, La Candélaria, Gaza et autres banalités…, 200 x 260, couverture cartonnée en couleurs, Actes Sud, janvier 2012, 100 p. – 35,00 €

 
     

 

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