Jodorowsky et Gimenez, La caste des Méta-Barons – Tome 8 : « Sans Nom, le dernier Méta-Baron »

Une soupe futuro-tragique à la grecque. Miam Miam

Très attendue par quelques galaxies de paléolecteurs affamés, la conclusion (provisoire ) de la Caste des Méta-Barons ne déçoit pas, malgré quelques limites inhérentes aux tics scénaristiques de Jodorowski. L’humour de redoublant de Médecine tout d’abord, avec force trépanations et mutilations. La gouaille robotique ensuite, où les deux robots narrateurs de la saga n’ont de cesse de se biopisser dessus en se traitant de technomerde. Et puis l’omniprésence de l’inceste enfin, avec son lot de coucheries familiales, aboutissant – le tour de force mérite d’être relevé – à l’autofécondation d’un androgyne.

Autant de constantes – de répétitions parfois – dans l’univers de Jodo, que le talent du scénariste parvient toutefois à faire passer au fil des tomes pour une obstination du Destin à faire vivre des épreuves similaires à tous les Méta-Barons. Car malgré ses limites la saga Méta-Barons est une réussite, ne serait-ce que parce qu’elle a le bon goût de s’arrêter. Bien sûr, une suite est d’ores et déjà annoncée, qui devrait s’intéresser aux seules aventures de Sans-Nom, dernier de la caste. Mais il ne sera sans doute pas nécessaire de relire tous les Méta-Barons pour l’aborder, de même qu’il n’était pas nécessaire de lire L’incal – où Jodo, sous les crayons de Moebius, créait le personnage de Sans-Nom – pour apprécier ces albums-ci.

Il s’agit là, dans cette propension généralisée des auteurs à succès à faire dans la série à rallonge, d’un véritable  » plus « , malgré l’aspect parfois téléphoné des revirements du scénario. Mais en dépit de quelques faiblesses, la force évocatrice de cette Tragédie futuriste balaie tout sur son passage, y compris les pinaillages spécialisés de votre serviteur ! D’autant que le dessin de Gimenez, après une nette baisse de régime dans le tome précédent, revient ici à son meilleur niveau, pour un final en apothéose de ce qui constitue déjà un classique de la Science Fiction moderne.

damien perez

   
 

Jodorowsky et Gimenez, La caste des Méta-Barons – Tome 8 : « Sans Nom, le dernier Méta-Baron », Les Humanoïdes Associés, 2003, 56 p. – 12,35 €.

 
     
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