L’Époque de la vie la plus délicieuse

M. Cusset est un charmeur… un charmeur d’idées et de mots, doublé d’un clown né – mais un véritable prof de philo !

© Bellamy/Festival d’Avignon
M.
 Cusset est un charmeur… un charmeur d’idées et de mots, doublé d’un clown né : ce véritable prof de philo nous livre une authentique performance de jongleur verbal qui pourrait en apprendre à nombre d’iufmisés ayant trop oublié que rire, c’est le propre de tout roseau pensant… « on peut bien rire quand même ! »

Hésitant et timide, le professeur arrive sur scène, en classe. C’est un remplaçant. Un remplaçant improbable venu pour un remplacement de deux heures, ce dont il s’est fait le spécialiste – ça n’arrive jamais, ça ne lui est jamais arrivé : il n’a jamais fait cours… Alors tout se lance : dans un jeu pataphysiquement (dé et sur)cohérent et décapant, le remplaçant vient dans la salle-classe, maladroit comme un clown qui jonglerait avec les mots, avec les idées, maladroit comme un clown c’est-à-dire avec une habileté imparable, une véritable grâce maligne et rusée.

Comme tout bon professeur qui n’a jamais connu le feu de la classe, ce remplaçant a sa méthode toute faite, véritable panacée éducatrice : « la méthode bi-philo plus ! », en deux heures vous en apprendrez plus qu’en toute une année avec un autre professeur ! « La première heure suscite l’étonnement, la seconde le coupe à la racine ! » Efficacité garantie, les grands problèmes philosophiques – temps, conscience, vie, mort… – sont délirés et décapés avec grand coeur.

M. Cusset a été un bon élève à l’école des leçons ionesciennes : il a su, comme tout bon élève, créer un véritable style personnel, un esprit qui lui est propre.

Deux heures de cours, une heure de pièce, temps réel… Il y a une histoire qui se joue, un drame-comique qui se développe (ah ! quel beau conte, puisqu’il y a un conte, que celui de Petit Pierre !), creusant, délirant ces profondes questions, tournant autour de celle-ci, centrale, cruciale : remplacé, remplaçant, remplaçable… qui suis-je ? Comme il sera démontré par ce beau maître en paradoxes, « seul un remplaçant est irremplaçable ! »

Ce qui est le plus profond, c’est ce qui est drôle, a pu dire en substance Jacques Lassale. M. Cusset nous le rappelle avec brio, avec tendresse – un brin sadique, avec gouaille. On en ressort plein de questions mûries dans le beau champ d’un grand rire.

Yves Cusset, professeur de philosphie, spécialiste de philosophie politique, est l’auteur de pièces drôles et profondes dont Requiem pour une salle vide. L’Époque de la vie la plus délicieuse, inspirée de Sénèque et Albert Cohen, est en projet et sera présentée à Avignon le 27 juillet à 18 heures.
Il joue essentiellement à Paris et Avignon.

samuel vigier

   
 

 Jusqu’au 30 juillet à Avignon.

 
     
 
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